Notto Diobass : la FAO place les femmes agricultrices au cœur de la bataille pour une agriculture résiliente

Face aux effets du changement climatique qui fragilisent les systèmes agricoles, la FAO mise sur l’autonomisation des femmes rurales et le renforcement des capacités des producteurs. À Notto Diobass, dans la région de Thiès, l’organisation onusienne a célébré les avancées du projet SAGA 2 et reconnu l’engagement de deux communes pour une agriculture durable.

Dans les champs de Notto Diobass, les femmes productrices ne veulent plus seulement subir les conséquences du dérèglement climatique. Elles apprennent désormais à adapter leurs pratiques, à mieux gérer les ressources naturelles et à renforcer leur autonomie économique.

C’est tout le sens de la journée portes ouvertes organisée jeudi 16 juillet 2026 dans cette commune du département de Thiès, dans le cadre de l’Année internationale des femmes agricultrices. Une rencontre qui a réuni autorités administratives et territoriales, partenaires techniques et financiers, organisations paysannes et acteurs du développement rural autour d’un même objectif : faire de la femme rurale une actrice incontournable de la transformation agricole.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Sécurité alimentaire et agriculture : une adaptation accélérée » (SAGA 2), mis en œuvre par la FAO avec l’appui du gouvernement du Québec. Déployé au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en Haïti entre 2023 et 2027, le programme accompagne les communautés rurales dans leur adaptation aux impacts des changements climatiques.

Des champs-écoles pour mieux produire face au climatDans la région de Thiès, le projet est porté à travers l’initiative « Si At Fiki : Ensemble, allons de l’avant (Phase 2) », mise en œuvre par l’organisation Mer et Monde dans les zones du Léhar et du Diobasse.

Six villages sont concernés : Pandiénou, Dougnane, Pambal Boye, Yendane, Térokh et Notto. L’objectif est d’accompagner les groupements de producteurs, particulièrement les femmes, dans l’adoption de pratiques agricoles plus résistantes aux aléas climatiques.

À travers l’approche des Champs-écoles des producteurs (CEP), les bénéficiaires ont été formés aux techniques agroécologiques, à la diversification des cultures maraîchères et à une meilleure gestion des ressources disponibles. Entre octobre 2025 et avril 2026, plusieurs sessions de formation ont permis de renforcer les capacités des facilitateurs et facilitatrices chargés d’accompagner les producteurs sur le terrain.

« L’avenir de nos systèmes agroalimentaires se construit avec les femmes »Présente à Notto Diobass, la représentante de la FAO au Sénégal et coordonnatrice sous-régionale pour l’Afrique de l’Ouest, Bintia Stephen-Tchicaya, a insisté sur le rôle central des femmes dans le développement agricole.

« L’avenir de nos systèmes agroalimentaires se construit avec les femmes agricultrices », a-t-elle déclaré devant les autorités et les partenaires du projet.

Selon elle, les femmes occupent une place déterminante dans les chaînes de valeur agricoles, de la production à la commercialisation, en passant par la transformation des produits. Mais cette contribution reste confrontée à plusieurs obstacles, notamment l’accès difficile au foncier, aux financements, aux technologies et aux services d’accompagnement agricole.

« Investir sur une femme, ce n’est jamais investir dans une seule personne ; c’est investir dans une famille, dans une communauté et dans l’avenir d’une nation », a souligné la représentante de la FAO.

Elle a appelé les collectivités territoriales à renforcer leur soutien aux femmes agricultrices à travers un meilleur accès à la terre, à l’eau productive, aux infrastructures et aux mécanismes de financement.

Pambal et Oudalaye distingués par la FAO

La cérémonie a également été marquée par la remise des certificats de reconnaissance « Villages FAO » aux communes de Pambal, dans la région de Thiès, et de Oudalaye, dans la région de Matam. Cette distinction récompense les communautés engagées dans la promotion de systèmes agroalimentaires durables, inclusifs et résilients.

Pour la FAO, cette reconnaissance traduit les efforts réalisés par ces territoires dans l’adaptation aux changements climatiques et dans la promotion d’une agriculture respectueuse de l’environnement.

Coumba Gawlo porte la voix des femmes rurales

Autre moment fort de cette rencontre : la présence de la chanteuse sénégalaise Coumba Gawlo, désignée Championne de la FAO pour le leadership et l’autonomisation des femmes en Afrique de l’Ouest.

La diva a salué cette marque de confiance, estimant que cette responsabilité constitue un engagement au service de millions de femmes rurales. « Elle représente un engagement envers des millions de femmes qui, chaque jour, cultivent la terre, nourrissent leurs familles, préservent nos ressources naturelles et portent l’avenir de nos communautés », a-t-elle affirmé.

Elle a appelé les décideurs, les partenaires internationaux et le secteur privé à investir davantage dans les programmes destinés aux femmes rurales. « Continuez à croire en vous, continuez à entreprendre, continuez à innover », a lancé Coumba Gawlo aux femmes agricultrices présentes.

Une agriculture sénégalaise appelée à se réinventer

À travers SAGA 2, la FAO entend renforcer les capacités des communautés rurales pour mieux répondre aux défis climatiques et alimentaires.

À Notto Diobass, les résultats présentés montrent que les femmes, longtemps considérées comme de simples bénéficiaires des politiques agricoles, deviennent progressivement des actrices majeures de la résilience des territoires.

Une dynamique que la FAO et ses partenaires souhaitent amplifier dans les prochaines années, en misant sur la formation, l’innovation locale et l’autonomisation économique des productrices.

Auteur : A.F