Mbour : la collectivité mandingue pose la première pierre de son siège à l’approche du Septembre mandingue

La collectivité mandingue de Mbour a procédé, samedi, à la pose de la première pierre de son futur siège administratif, une infrastructure dont le coût est évalué à 14 millions de francs CFA. L’édifice vise à renforcer l’organisation de la communauté et à contribuer à la préservation de son patrimoine culturel.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités administratives et territoriales, des représentants de la collectivité, de partenaires ainsi que d’acteurs socio-économiques locaux, à quelques jours du lancement des activités du Septembre mandingue.

Selon Auguste Mbaye, responsable chargé des ressources et des relations extérieures de la coordination du projet, l’initiative est née d’une proposition portée par les jeunes de la communauté, communément appelée « Kaffo ».

Après l’accord des responsables de la collectivité, une campagne de sensibilisation a été menée dans plusieurs localités, notamment à Thiocé Est, Thiocé Ouest et Warang, afin de mobiliser les populations autour du projet.

« Nous avons voulu sensibiliser les populations sur l’importance de cette initiative. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à la pose de la première pierre », a indiqué M. Mbaye.

Un terrain attribué depuis 1990

Le futur siège sera érigé sur un terrain de deux hectares attribué à la collectivité mandingue en 1990. Le site n’avait été que partiellement valorisé, avec une première infrastructure aménagée entre 2010 et 2013.

Outre les bureaux administratifs, le projet prévoit des espaces dédiés aux activités des femmes, notamment pour l’accueil de leurs groupements d’intérêt économique (GIE).

« Les femmes ont besoin d’un local pour leurs activités. Nous voulons exploiter ce terrain pour construire des infrastructures répondant aux besoins de l’ensemble de la collectivité », a précisé le responsable.

Appel à la contribution des forces vives

Le projet dispose déjà d’un plan et d’une maquette. Pour réunir les 14 millions de francs CFA nécessaires à sa réalisation, les responsables lancent un appel à la mobilisation des entreprises, des acteurs du tourisme, des commerçants, des mareyeurs, des responsables sportifs et des acteurs politiques de la commune.

Les entreprises locales sont également sollicitées au titre de leur responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Selon M. Mbaye, les premières contributions ont déjà été enregistrées. Le maire de Malicounda, Maguette Sène, a offert dix tonnes de ciment ainsi qu’une enveloppe de 200 000 francs CFA. L’agence du marché central a également annoncé sa participation, tandis que des démarches se poursuivent auprès d’autres partenaires, dont la société Ciments du Sahel.

Un projet au cœur de l’histoire du Kankourang

La pose de cette première pierre intervient à quelques jours du démarrage du Septembre mandingue, période marquée à Mbour par les sorties du Kankourang.

M. Mbaye a rappelé l’ancrage historique de ce rituel à Mbour, dont l’origine remonterait au début du XXᵉ siècle, entre 1902 et 1904, à la suite d’une série de décès inexpliqués. Les communautés locales auraient alors sollicité les Socés, qui ont introduit le Kankourang, figure centrale du patrimoine mandingue.

« Les gens doivent comprendre pourquoi le Kankourang existe à Mbour. Ce n’est pas seulement une manifestation culturelle, il y a une histoire derrière », a-t-il souligné, appelant à la préservation des identités culturelles dans le respect du vivre-ensemble.

Dans cette commune cosmopolite, où cohabitent Wolofs, Sérères, Peuls, Maures et Mandingues, le responsable a salué les mesures prises par les autorités administratives pour encadrer les manifestations tout en préservant cette tradition, classée au patrimoine culturel immatériel.

Auteur : La Rédaction