À quelques heures du Gamou, Tivaouane se prépare à accueillir des milliers de fidèles. Mais derrière la ferveur religieuse, une autre bataille se joue : celle de la santé des pèlerins. Pour cette deuxième édition de son accompagnement, la Fondation nationale Sénégal Solidarité a renforcé son dispositif avec vingt tentes, 2 000 packs d’eau, plus de 1 000 moustiquaires, des médicaments et des kits d’hygiène. Sur le terrain, le district sanitaire entend surtout miser sur l’anticipation.
À Tivaouane, l’heure est aux derniers réglages. La cité religieuse de Maodo s’apprête à renouer avec son effervescence habituelle. Les pèlerins arrivent, les rues se densifient et les différents dispositifs se mettent progressivement en place. Parmi les préoccupations des autorités figure une question qui revient à chaque grand rassemblement : comment assurer la prise en charge sanitaire d’une population qui se compte en milliers de personnes sur quelques jours ?
La réponse passe d’abord par le renforcement du dispositif médical.
C’est dans ce contexte que la Fondation nationale Sénégal Solidarité de la premiére Dame, Mme Absa Faye a choisi de reconduire et d’élargir son accompagnement du Gamou. Ainsi, son administrateur général, Amadou Dramé, était à Tivaouane pour présenter les moyens mobilisés en appui au district sanitaire et au COSCAS Santé.
« Nous sommes ici à Tivaouane pour accompagner la couverture médicale du Gamou », explique-t-il.
Vingt tentes contre le casse-tête de l’hivernage
Sur le terrain, la première difficulté est presque banale, mais elle peut rapidement devenir critique : où installer les équipes médicales lorsque les pluies s’invitent au rendez-vous ?
La Fondation a fourni une vingtaine de tentes destinées aux postes médicaux avancés. Un apport particulièrement important pour le district sanitaire, qui doit composer avec les contraintes de l’hivernage.
Le médecin-chef du district sanitaire, Dr Mamadou Ndiaye, ne cache pas sa soulagement et celle des équipes.
« C’est notre premier problème pendant la saison des pluies », explique-t-il.
Ces structures provisoires permettent d’installer les équipes au plus près des zones de concentration des pèlerins et de disposer de points de prise en charge supplémentaires.
Mais le dispositif ne s’arrête pas aux soins.
Eau, moustiquaires et hygiène : le pari de la prévention
Dans une ville soumise pendant plusieurs jours à une concentration exceptionnelle de population, les risques sanitaires sont multiples. L’eau et l’hygiène deviennent alors des questions centrales.
La Fondation a de ce fait mobilisé 2 000 packs d’eau, destinés aussi bien aux pèlerins qu’aux patients. Un volume qui doit contribuer à répondre aux besoins d’hydratation dans un contexte de fortes chaleurs.
Autre volet : la prévention du paludisme. Plus de 1 000 moustiquaires ont été mobilisées alors que l’hivernage favorise la prolifération des moustiques.
À cela s’ajoutent les kits d’hygiène contenant notamment du savon, de l’eau de Javel et du gel pour les mains.
Pour Amadou Dramé, le choix est assumé : agir avant l’apparition des problèmes.
« Les questions d’hygiène sont extrêmement importantes » dans les rassemblements de cette ampleur, rappelle-t-il.
Le risque de rupture de médicaments
Dans les postes de santé, une autre équation se pose : celle des médicaments.
Durant le Gamou, leur gratuité entraîne une forte sollicitation des stocks. « La consommation est très importante », constate Dr Mamadou Ndiaye.

L’appui de la Fondation en médicaments doit ainsi permettre au district sanitaire et au COSCAS Santé de disposer de ressources supplémentaires pour les cinq jours de couverture.
Le changement est notable par rapport à l’année dernière. Le premier accompagnement de la Fondation était concentré sur un seul poste médical. Cette fois, l’appui doit toucher une grande partie des postes médicaux du district.
Une évolution qui traduit, selon les responsables, la nécessité d’adapter le dispositif à l’ampleur du Gamou.

Une couverture qui se veut territoriale
La couverture sanitaire ne repose toutefois pas sur le seul district. La Direction régionale de la santé pilote l’opération, tandis que les équipes du district assurent la mise en œuvre sur le terrain.
Dans cette organisation, chaque poste médical constitue un maillon d’une chaîne destinée à éviter que les pèlerins ne soient contraints de parcourir de longues distances en cas de problème de santé.
À quelques heures du Gamou, le dispositif est donc presque en ordre de bataille. Tentes, médicaments, eau, moustiquaires et produits d’hygiène sont disponibles. Reste maintenant l’épreuve du terrain.
Car c’est lorsque la ville aura atteint son pic d’affluence que le véritable test commencera pour les équipes sanitaires : tenir dans la durée, absorber la demande et surtout prévenir plutôt que subir.
Pour la Fondation nationale Sénégal Solidarité, le coût de l’opération importe moins que son impact. « Pour nous, l’important, c’est qu’on soit utiles », résume Amadou Dramé.
À Tivaouane, cette utilité se mesurera désormais au nombre de patients pris en charge, mais surtout à la capacité du dispositif à éviter que la ferveur du Gamou ne se transforme en urgence sanitaire.

Auteur : A.F




