Données ouvertes : l’ANSD veut installer la culture de la statistique dans les régions

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) poursuit sa croisade pour une meilleure valorisation de la donnée publique. Après avoir sillonné les 13 régions du pays, l’institution a bouclé à Thiés son programme de formation consacré à la plateforme régionale des données ouvertes (ODP régional). Une initiative qui vise à outiller les services déconcentrés de l’État et à faciliter l’accès du public à une information statistique fiable et standardisée.

Faire de la donnée statistique un véritable outil d’aide à la décision. C’est l’ambition affichée par l’ANSD à travers la mise en place et la vulgarisation de la plateforme régionale des données ouvertes.

À Thiés, dernière étape d’une tournée nationale ayant couvert les 13 régions du Sénégal, les principaux producteurs de données des services sectoriels régionaux ont été réunis autour d’un atelier de formation de cinq jours.

Pour le directeur de l’Action régionale de l’ANSD, Dr Jean Rodrigue Malou, l’enjeu est d’abord de renforcer les compétences des services régionaux dans la gestion et la diffusion de leurs données. « Le but de cet atelier est de renforcer les capacités des services régionaux dans la modélisation, la prise en charge et la mise en ligne des données dans la plateforme, afin que ces données soient accessibles à tout le public », explique-t-il.

Le défi de la standardisation

Au-delà de la simple collecte, l’ANSD veut surtout agir sur la qualité, la structuration et l’accessibilité de l’information produite par les services déconcentrés. Les participants sont ainsi formés à la modélisation des données et des métadonnées selon le format SDMX, un standard international dédié à l’échange de données statistiques.

L’objectif est de permettre aux différents services de disposer de données suffisamment structurées pour être comprises, comparées et exploitées par un large éventail d’utilisateurs. « Au bout de cet atelier, les chefs de services seront outillés pour mieux traiter l’information statistique qu’ils ont par-devers eux et pouvoir la mettre à la disposition du grand public », souligne Dr Malou.

Les régions au cœur du dispositif

Le choix des services participant à ces sessions n’a pas été effectué de manière uniforme. L’ANSD a laissé aux autorités régionales le soin d’identifier les principaux producteurs de données appelés à prendre part à la formation. « Nous avons ciblé les principaux producteurs de données qui œuvrent au niveau de la région. Nous donnons la primauté à l’autorité régionale pour choisir les services qui devront prendre part à cet atelier », précise le directeur de l’Action régionale.

Cette approche traduit la volonté de tenir compte des réalités et des besoins spécifiques de chaque territoire.

Un suivi après la formation

L’ANSD ne compte pas s’arrêter à la formation. Un mécanisme de suivi doit accompagner les services régionaux dans la mise en ligne régulière de leurs données. Un chronogramme sera établi et suivi sous la responsabilité du gouverneur, en sa qualité d’autorité régionale.

Pour Dr Jean Rodrigue Malou, la réussite de cette initiative dépendra surtout de l’appropriation de l’outil par les différents acteurs. « Le deuxième objectif, c’est de présenter l’outil à tous les acteurs régionaux et de favoriser leur appropriation », indique-t-il.

Mais derrière la plateforme et les exigences techniques se joue, selon l’ANSD, un enjeu plus profond : celui du développement d’une véritable culture statistique au sein de l’administration. « La donnée, si elle est seule, elle n’aide pas », rappelle Dr Malou. D’où la nécessité, à ses yeux, de regrouper les informations au sein d’un même espace afin de mieux les valoriser et d’en faciliter l’accès.

Avec cette initiative, l’ANSD entend ainsi rapprocher davantage la statistique des usagers et faire de la donnée publique un instrument plus efficace de connaissance, de planification et de prise de décision dans les territoires.

Auteur : La Rédaction