Aviculture : Une première unité sénégalaise d’œufs à couver inaugurée à Taïba Ndiaye

Le Sénégal veut réduire sa dépendance aux importations d’œufs à couver. Une première unité industrielle de production a été officiellement inaugurée, vendredi, à Taïba Ndiaye, dans le département de Tivaouane. Portée par des investisseurs sénégalais, l’initiative représente un investissement de près d’un milliard de francs CFA.

Le Fonds d’appui à la stabulation (FONSTAB) et la Banque nationale pour le développement économique (BNDE) ont procédé, vendredi, à l’inauguration officielle de l’unité industrielle de production d’œufs à couver de la société AVVITE-X SARL.

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre chargé de l’Élevage, Ousmane Diagne, de responsables administratifs et territoriaux ainsi que de plusieurs acteurs de la filière avicole.

D’un coût global de 969 millions de francs CFA, le projet a été financé à hauteur de 50 % par le FONSTAB, 40 % par la BNDE et 10 % par le promoteur.

20 milliards de FCFA d’importations

L’ouverture de cette unité intervient dans un contexte où le Sénégal reste fortement dépendant des importations pour son approvisionnement en œufs à couver.

Selon les promoteurs, près de 90 % des besoins nationaux sont actuellement couverts par les importations, pour une facture annuelle estimée à 20 milliards de francs CFA.

L’objectif affiché par AVVITE-X SARL est donc de contribuer à réduire cette dépendance en développant une production locale destinée aux couvoirs sénégalais.

Les œufs à couver produits à Taïba Ndiaye seront utilisés pour la production de poussins d’un jour, principalement destinés aux élevages de poulets de chair.

Plus de 3 millions d’œufs par an à terme

L’unité démarre avec un cheptel reproducteur composé de 5 500 femelles et 850 mâles.

La production devrait progressivement augmenter pour atteindre 3,15 millions d’œufs à couver par an à partir de la quatrième année d’exploitation. Sur les cinq premières années, la production moyenne est estimée à 2,205 millions d’œufs par an.

Pour le FONSTAB et la BNDE, cette initiative doit également servir de projet pilote afin de démontrer la faisabilité de la production locale d’œufs à couver et d’encourager d’autres investisseurs à s’intéresser à ce segment de la filière avicole.

« Ce projet illustre la capacité du secteur privé national à investir dans des segments stratégiques et jusqu’ici dominés par les importations », a déclaré l’administratrice du FONSTAB, Fatimata Bakhoum Diouf.

Le ministre invite le privé à investir

Prenant la parole lors de la cérémonie, le ministre chargé de l’Élevage, Ousmane Diagne, a appelé les opérateurs économiques et les professionnels de l’aviculture à investir davantage dans la production locale.

« L’État ne peut, à lui seul, porter l’ensemble des investissements nécessaires au développement de cette filière », a-t-il déclaré.

Le ministre a invité le secteur privé à « saisir les opportunités », à mobiliser ses ressources et à investir dans les différents maillons stratégiques de la chaîne de valeur avicole.

Il a également rappelé que le rôle de l’État consiste notamment à créer les conditions favorables à l’investissement, faciliter l’accès au financement, accompagner les initiatives crédibles et veiller au respect des normes.

De son côté, le directeur général adjoint de la BNDE, Birama Ndiaye, a réaffirmé l’engagement de la banque à accompagner les projets structurants dans les secteurs agricole et animal.

Les premiers poussins attendus le 13 août

Les infrastructures et les équipements de l’unité sont déjà opérationnels. Les premiers poussins reproducteurs sont attendus le 13 août 2026, date qui devrait marquer le démarrage effectif de la production.

Le FONSTAB, la BNDE et les services techniques compétents annoncent un suivi régulier de l’exploitation, notamment sur la biosécurité, l’alimentation, l’énergie, la conduite des reproducteurs et les performances de ponte.

À travers cette unité, AVVITE-X SARL entend ainsi contribuer à renforcer la production nationale et à réduire progressivement la facture liée aux importations d’œufs à couver.

Auteur : A. F