Dans la commune de Ndiéyène Sirakh, département de Thiès, la localité de Mboulakh a accueilli, ce samedi, une importante campagne de dépistage et de consultations gratuites axée sur la santé reproductive. Une initiative portée par l’association Jëf Rek, en partenariat avec Marie Stopes International (MSI), qui a suscité une forte mobilisation des femmes venues des villages environnants.
Installée dans l’enceinte de l’école du village, l’activité a rapidement connu une affluence notable dès les premières heures de la matinée. Des dizaines de femmes ont ainsi eu accès à des prestations sanitaires habituellement peu accessibles en milieu rural, notamment le dépistage du cancer du col de l’utérus, les consultations liées aux infections sexuellement transmissibles (IST) et les services de planification familiale.
Selon les organisateurs, cette campagne s’inscrit dans une démarche de rapprochement des services de santé des populations. Pour le président de l’association Jëf Rek, Adama Diouf, l’objectif est de répondre à un besoin réel exprimé par les communautés.
« Nous sommes une association à but non lucratif. Comme notre nom l’indique, nous sommes dans l’action et non dans les bavardages. Organiser une activité de cette ampleur dans la commune répond à une forte demande des populations », a-t-il déclaré.
Au-delà des prestations médicales, la journée a également été marquée par un important volet de sensibilisation. Les équipes sanitaires ont échangé avec les participantes sur les méthodes contraceptives disponibles, l’intérêt de la planification familiale ainsi que l’importance du dépistage précoce des cancers féminins.
Les résultats enregistrés témoignent de l’engouement suscité par l’initiative. Au total, 139 femmes ont été prises en charge. Parmi elles, 66 ont bénéficié d’un dépistage du cancer du col de l’utérus, tandis que 42 ont opté pour une méthode de planification familiale à l’issue des séances de conseil. Plusieurs cas d’IST ont également été dépistés et pris en charge.
Les bénéficiaires ont aussi eu accès à des séances de thermoablation, une technique médicale utilisée pour traiter certaines lésions précancéreuses du col de l’utérus.
Au-delà de l’aspect clinique, les organisateurs ont insisté sur la qualité des échanges entre personnels de santé et populations. Dans un contexte où les questions de santé reproductive restent parfois entourées de tabous et de préjugés, ces discussions ont permis de lever plusieurs réticences.
Les initiateurs ont par ailleurs salué l’implication des autorités locales, des leaders communautaires et des guides religieux, ainsi que la présence de l’adjoint au maire de la commune, qui ont contribué à la mobilisation des populations.
« Beaucoup de femmes nous ont confié que ces services sont souvent coûteux ou difficiles d’accès. Certaines n’avaient jamais effectué de dépistage du cancer du col de l’utérus. Cette activité leur a permis de franchir le pas », a souligné Adama Diouf.
Présent lors de la rencontre, le coordinateur de Pastef à Ndiéyène Sirakh, Ibrahima Sène, a salué une initiative qu’il juge essentielle dans le renforcement de la santé communautaire.
Selon lui, la prévention demeure encore insuffisamment intégrée dans les comportements sanitaires des populations.
« Les populations consultent généralement lorsqu’elles sont déjà malades. Pourtant, la prévention reste le moyen le plus efficace pour réduire les complications et améliorer la prise en charge », a-t-il indiqué.
Face à l’affluence enregistrée, les responsables de Marie Stopes International ont exprimé leur disponibilité à renouveler l’expérience dans la zone, une perspective accueillie favorablement par les populations locales.
Cette initiative met en lumière un constat partagé sur le terrain : la proximité des services de santé demeure un levier essentiel pour améliorer l’accès aux soins en milieu rural.
Auteur : La Rédaction




