Le Forum civil, en partenariat avec la Coopération allemande (GIZ), a organisé vendredi à Thiès un atelier de renforcement des capacités des jeunes et des femmes sur les questions de corruption, de genre, de transparence et de bonne gouvernance, dans le cadre du projet RETRA.
Cette initiative vise à mieux outiller les jeunes afin qu’ils puissent contribuer à la prévention et à la lutte contre la corruption, un phénomène considéré comme un frein majeur au développement économique et social.
« La corruption est un phénomène qui gangrène le monde entier, avec des effets particulièrement dévastateurs sur le développement de nos pays, notamment les pays en développement. C’est pourquoi nous avons estimé qu’il était important de commencer la sensibilisation par les jeunes afin qu’ils disposent des outils nécessaires pour comprendre, prévenir et combattre la corruption », a déclaré le coordonnateur général du Forum civil, Matar Sall.
Selon lui, cette session de formation constitue la première d’une série d’activités destinées à renforcer les capacités des jeunes issus de divers horizons, notamment des étudiants, des journalistes, des organisations de jeunesse, des conseils communaux de jeunesse et des organisations de la société civile.
« L’objectif est de disposer d’un noyau de jeunes qui maîtrisent les enjeux liés à la corruption et qui pourront, à leur tour, contribuer à la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance », a-t-il expliqué.
M. Sall a salué l’implication de la section régionale du Forum civil de Thiès, pour l’organisation de cette rencontre.
Les organisateurs rappellent que la corruption demeure l’un des principaux obstacles au développement économique, social et démocratique. Elle affaiblit les institutions publiques, réduit l’efficacité des politiques publiques et accentue les inégalités sociales, touchant particulièrement les jeunes et les femmes.
Ils soulignent également que les résultats du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5) montrent que le Sénégal compte une population majoritairement jeune, ce qui confère à cette cible un rôle stratégique dans la promotion de la citoyenneté et de la bonne gouvernance.
Intervenant à son tour, le conseiller technique de la GIZ, Touradou Sow, a indiqué que cette activité s’inscrit dans le cadre du dispositif d’appui à la lutte contre les flux financiers illicites et au renforcement du rôle de la société civile.

« Le projet RETRA, lancé cette année, accompagne les initiatives de la société civile sur les questions relatives aux flux financiers illicites et à la transparence », a-t-il expliqué.
Abordant les conséquences économiques de la corruption, M. Sow a estimé que ce phénomène entraîne d’importantes pertes de ressources pour l’État.
« La corruption et les infractions connexes coûtent très cher à l’État. Elles réduisent les ressources publiques, affectent la qualité des services rendus aux populations et constituent un frein au développement économique », a-t-il souligné.
Il a rappelé que la coopération allemande accompagne le Sénégal dans le renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption, à travers l’appui aux institutions compétentes et aux organisations de la société civile.
« Beaucoup d’efforts ont déjà été accomplis, mais il reste encore un important travail de sensibilisation et de formation à mener. Le Forum civil est un partenaire stratégique de la coopération allemande et nous entendons poursuivre cet accompagnement », a-t-il assuré.
L’atelier a réuni une cinquantaine de participants, dont des jeunes leaders communautaires, des organisations féminines, des étudiants, de jeunes entrepreneurs, des journalistes, des acteurs communautaires et des représentants de la société civile.
À travers cette activité, le Forum civil ambitionne de promouvoir une culture d’intégrité, de renforcer la participation citoyenne et d’encourager l’engagement des jeunes, en particulier des femmes, dans les initiatives de transparence, de redevabilité et de contrôle citoyen de l’action publique.
La Rédaction




