Derrière les chiffres des projets de développement se trouvent des réalités humaines : des femmes et des hommes qui cultivent, innovent et tentent de préserver un patrimoine essentiel, la terre. À Notto Diobass, dans la région de Thiès, la commune entend préserver son potentiel agricole dans un contexte marqué par une forte pression foncière. En réservant 550 hectares, dont 500 hectares dédiés à l’agriculture et 50 hectares destinés à un futur domaine agro-industriel, le maire Alioune Sarr affiche une ambition claire : maintenir la terre au service de ceux qui la travaillent et créer les conditions d’une agriculture durable, avec les femmes rurales comme actrices majeures.
Sous le soleil de Notto Diobass, les sourires des femmes venues de Pambal (Thiès) et d’Oudalaye (Matam) témoignent d’une nouvelle dynamique.
Ce jeudi, à l’occasion d’une journée portes ouvertes des Champs écoles paysans initiée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ces productrices n’ont pas seulement reçu des certificats de formation. Elles ont célébré plusieurs mois d’apprentissage, d’expérimentation et d’adaptation face aux défis liés aux changements climatiques.
Représentées par Ndeye Fatou Ndiaye, adjointe au maire ces bénéficiaires du projet SAGA 2 (FAO-Québec) ont salué l’impact de l’accompagnement reçu.
Pendant six mois, elles ont renforcé leurs connaissances sur les pratiques agricoles adaptées, la gestion durable des ressources et l’utilisation de solutions innovantes, notamment les équipements solaires et les systèmes permettant une meilleure économie de l’eau.
« Ces certificats récompensent un combat de tous les jours », témoigne Ndeye Fatou Ndiaye, soulignant l’importance de ces formations dans l’amélioration des conditions de travail des femmes rurales.
Sécuriser le foncier pour préserver l’activité agricole
Cette dynamique d’autonomisation pose également la question essentielle de l’accès durable à la terre.
Pour le maire de Notto Diobass, Alioune Sarr, la préservation du foncier agricole constitue un enjeu majeur pour l’avenir de la commune. Dans une zone où la pression immobilière s’accentue, l’édile appelle à une meilleure valorisation des terres plutôt qu’à leur cession.
« Ce n’est pas intéressant de céder les terres. Ce qu’il faut, c’est valoriser le foncier, une ressource que nous devons mettre au service de l’agriculture pour créer de la valeur tout en préservant notre environnement », a-t-il déclaré.
Pour traduire cette orientation en actes, le premier magistrat de la commune a réservé 500 hectares destinés aux activités agricoles. Une décision qui vise à offrir davantage de visibilité aux producteurs locaux et à préserver les espaces nécessaires au développement de l’agriculture familiale.
L’agro-industrie comme levier d’emplois pour les jeunes
Au-delà de la production agricole, la municipalité veut également franchir un nouveau cap avec la transformation locale. Les 50 hectares prévus pour un futur domaine agro-industriel doivent permettre d’attirer des investissements et de développer des unités de valorisation des productions locales.
L’objectif étant de faire en sorte que les produits issus des champs de Notto Diobass puissent être transformés sur place afin de générer davantage de valeur ajoutée au bénéfice des populations locales. Cette stratégie vise aussi à offrir de nouvelles opportunités à la jeunesse, en créant des emplois dans les secteurs de la production, de la transformation et des services agricoles.
À Notto Diobass, l’agriculture durable se construit ainsi autour de trois priorités : renforcer l’autonomie des femmes rurales, sécuriser l’accès des producteurs à la terre et développer une économie locale basée sur la transformation.
Une approche qui place la commune au cœur des enjeux de souveraineté alimentaire et de résilience climatique.
Par A. F




