
Ils étaient plusieurs dizaines ce lundi à arpenter les rues de Thiès, la ville symbole du chemin de fer sénégalais. Portant des brassards rouges et mémorandum sous le bras, les ex-temporaires de la Régie des chemins de fer ont remis au goût du jour un vieux contentieux qui oppose depuis des années ces anciens travailleurs à l’État du Sénégal. Leur revendication est claire : le déblocage des fonds destinés à régulariser leurs droits à la retraite.
À Thiès, le combat des anciens cheminots est loin d’être terminé. Dans les rues de la cité du rail, leurs voix se sont encore élevées pour dénoncer une situation qu’ils jugent « incompréhensible » et « injuste ».
Après plusieurs années d’attente, ils réclament le respect des engagements pris par les autorités concernant le reversement des sommes dues à l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES).
Pour ces anciens travailleurs du rail, le temps presse. Certains ont passé plus de trente ans au service du chemin de fer avant de se retrouver aujourd’hui dans une grande précarité.
« Nous sommes des anciens travailleurs. Nous avons beaucoup travaillé et nous avons bien travaillé. Aujourd’hui, nous demandons simplement que nos droits soient respectés », a déclaré le président de l’Entente des ex-temporaires.
Selon lui, l’État n’aurait toujours pas procédé au reversement des fonds annoncés malgré les engagements pris lors des différentes rencontres avec les autorités.
« Nous avions signé un accord clair avec l’ancien ministre des Transports, Yankhoba Diémé. Il était prévu que les fonds votés dans la loi de finances rectificative soient versés à l’IPRES à la fin du mois de juin 2026. Jusqu’à présent, cela n’a pas été fait », regrette-t-il.
Une promesse qui tarde à se concrétiser
La mobilisation intervient quelques jours après l’expiration de l’échéance annoncée par les autorités. Pour les ex-temporaires, cette situation est vécue comme une nouvelle déception après plusieurs années d’attente.
« Nous avions beaucoup d’espoir avec l’arrivée du nouveau régime. Mais aujourd’hui, nous avons l’impression d’aller de promesse en promesse », déplorent-ils.
Le collectif rappelle qu’une commission de suivi avait été mise en place pour examiner leur dossier. Cette structure, dirigée à l’époque par le ministre Yankhoba Diémé, avait abouti à un engagement de l’État pour une régularisation progressive de leur situation.
Au cœur du blocage : le transfert des fonds vers l’IPRES.
Une étape indispensable, selon eux, pour permettre aux bénéficiaires d’accéder enfin à leurs droits.
« Des retraités dans la souffrance »
Derrière les chiffres et les procédures administratives, les anciens cheminots mettent en avant une réalité sociale difficile. L’Entente des ex-temporaires regroupe plus de 850 personnes, composées d’anciens travailleurs, d’ayants droit, de veuves et d’orphelins.
« Parmi eux, il y a des malades, des personnes âgées qui vivent dans des conditions très difficiles. Cette situation dure depuis plus d’une dizaine d’années alors qu’elle peut être réglée », souligne un responsable syndical.
Babacar Gaye, secrétaire général du syndicat majoritaire des cheminots, également coordonnateur de l’intersyndicale, abonde dans le même sens. Pour lui, les autorités doivent accélérer le processus.
« L’Agent judiciaire de l’État nous a indiqué que les démarches relevant de ses services étaient terminées. Maintenant, il revient au Trésor public de mettre les fonds à disposition de l’IPRES », explique-t-il.
La gare de Thiès dans le viseur
Face au retard enregistré, les ex-temporaires annoncent vouloir poursuivre leur mobilisation. Après cette marche suivie d’une remise de mémorandum au gouverneur de Thiès, ils envisagent d’autres actions.
La prochaine étape pourrait se dérouler à la gare ferroviaire de Thiès, un lieu hautement symbolique pour les travailleurs du rail. Lors d’une précédente manifestation, les cheminots avaient déjà occupé les rails, provoquant une perturbation du trafic ferroviaire dans la capitale du rail.
Les responsables syndicaux appellent toutefois les autorités à éviter une escalade. Ils invitent le président de la République, le Premier ministre et les ministres concernés à prendre des mesures rapides pour solder définitivement un dossier qui empoisonne depuis longtemps la vie de ces anciens serviteurs du rail.





