Après plusieurs mois de mobilisation, les ex-temporaires de la Régie des chemins de fer du Sénégal commencent enfin à voir le bout du tunnel. Une première cohorte de 200 agents a entamé, ce lundi 17 août, la perception de ses droits à travers l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES).
L’annonce a été faite à la Bourse du travail de Thiès, lors d’une rencontre avec la presse. Selon Aly Diallo, président de l’Entente des ex-temporaires de la Régie des chemins de fer du Sénégal, le règlement concerne au total plus d’un millier d’agents, pour une enveloppe globale de 5,3 milliards de francs CFA.
« Aujourd’hui, on a reçu le premier lot de 200 agents. Le 31 août, on doit avoir le deuxième paiement et, à la mi-septembre, il y aura un troisième paiement », a-t-il annoncé.
Avant de poursuivre en indiquant « Le versement des sommes dues se fera en trois tranches, conformément à un accord trouvé avec l’IPRES ». Cette formule doit permettre à l’institution de traiter les dossiers individuellement et d’éviter d’éventuelles erreurs dans le calcul des droits.
Les montants perçus varieront ainsi d’un bénéficiaire à l’autre. Tous les ex-temporaires n’ayant pas intégré les chemins de fer à la même période ni travaillé pendant la même durée, leurs droits sont calculés en fonction de leur parcours professionnel.
Les responsables de l’Entente précisent également qu’il n’y aura pas d’ordre de passage particulier en fonction de l’ancienneté ou du statut de retraité. L’IPRES procédera au traitement des dossiers selon ses propres modalités.
Chaque agent pourra, après paiement, demander un bordereau afin de vérifier les éléments ayant servi à déterminer le montant qui lui a été versé.
« Un droit qui a été restitué »
Pour les représentants des cheminots, le démarrage des paiements constitue l’aboutissement d’un combat engagé depuis plusieurs mois pour permettre aux anciens travailleurs de rentrer dans leurs droits.
Ils saluent le rôle joué par les différentes parties ayant contribué au règlement du dossier et considèrent cette issue comme une restitution d’un droit dû aux cheminots après plusieurs années d’attente.
Mais les responsables syndicaux veulent surtout tirer les leçons de cette affaire. Ils appellent les autorités à ne plus laisser de tels dossiers s’accumuler jusqu’à devenir des contentieux difficiles à régler.
« C’est un dossier que tout dirigeant doit veiller à ne pas léguer à son successeur », a fait valoir M. Babacar Gaye secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs du rail.
Les syndicats annoncent une vigilance accrue
Le règlement de ce contentieux devrait également, selon les représentants des travailleurs, permettre aux chemins de fer d’ouvrir une nouvelle page dans la gestion des droits sociaux.
Les syndicats disent vouloir renforcer leur rôle de veille et d’alerte auprès des directions afin d’éviter que de nouvelles retenues sociales ne soient effectuées sans être reversées aux organismes concernés.
D’autres difficultés sont d’ailleurs évoquées. Certaines retenues sociales liées à des associations de l’entreprise n’auraient pas été reversées. Le montant de ce dossier tournerait au environ de 190 millions de francs CFA.
Pour les ex-temporaires, l’essentiel reste désormais le respect du calendrier annoncé. Après les 200 premiers agents ce lundi, un deuxième lot est attendu le 31 août, avant un troisième paiement prévu à la mi-septembre.
Une perspective qui pourrait enfin mettre un terme à un long bras de fer autour des droits sociaux des anciens cheminots.
Auteur : La Rédaction




