La journée de reboisement organisée dans les quartiers religieux de la commune de Thiès-Nord a pris une tournure plus politique. Sur le terrain, Massamba Diop a mis en avant les difficultés de plusieurs postes de santé, notamment en matière de climatisation, de ventilation et d’entretien. Le président du mouvement MASLA et membre fondateur de Kiiray invite les collectivités territoriales à davantage assumer leur part dans l’accompagnement des structures sanitaires de proximité, tout en réaffirmant son soutien au président Bassirou Diomaye Faye.
Ce dimanche, le décor était celui d’une opération de nétoiement et de reboisement. Le propos, lui, s’est rapidement déplacé vers la santé.
Dans les quartiers religieux de Thiès-Nord, Massamba Diop a profité de sa présence sur le terrain pour évoquer les conditions de fonctionnement de plusieurs postes de santé.
À Keur Issa, il a fait état de besoins en matière de ventilation, de faux plafonds et de climatisation. « C’est moi-même qui avais réglé ces problèmes », a-t-il rappelé. À Nguinth également, il affirme avoir apporté, par le passé, un appui à la structure sanitaire, notamment pour contribuer à l’amélioration de ses équipements. Ces exemples servent de point de départ à une interpellation plus large sur la responsabilité des collectivités territoriales dans l’accompagnement des infrastructures sanitaires de proximité.
Les compétences transférées au cœur du débat
Pour Massamba Diop, les municipalités doivent davantage s’investir dans l’entretien et l’équipement des postes de santé implantés dans leur ressort. La santé figure parmi les domaines de compétences transférés aux collectivités territoriales dans le cadre de la décentralisation. Les communes interviennent notamment dans l’appui aux infrastructures et équipements sanitaires, en relation avec les services compétents de l’État.
C’est cette responsabilité locale que le président de Masla entend remettre au premier plan. « La santé avant tout », soutient-il, appelant les autorités municipales à davantage d’efforts en faveur des structures sanitaires de proximité.
Son propos porte notamment sur des équipements qui peuvent paraître élémentaires, mais qui ont une incidence directe sur les conditions d’accueil des patients : climatisation, ventilation, entretien des locaux ou encore réfection des faux plafonds.
Pour autant, cette interpellation ne saurait être assimilée à une mise en cause de l’ensemble du dispositif sanitaire. La santé demeure une responsabilité partagée, avec des prérogatives importantes relevant de l’État et des compétences dévolues aux collectivités dans le cadre de la décentralisation.
Trois cents arbres plantés
Cette interpellation est intervenue en marge d’une activité consacrée à l’environnement. À Kawssara Fall et à Keur Cheikh, puis dans d’autres quartiers religieux, le mouvement Masla a mobilisé des habitants autour d’une opération de reboisement et de nettoiement. Trois cents arbres sont prévus dans le cadre de cette initiative, qui doit se poursuivre notamment à Médina Fall.
M. Diop a salué la mobilisation des populations et l’implication des autorités religieuses. Il a également relevé l’accompagnement des services des Eaux et Forêts, de l’IEF et de la Sonaged, notamment pour la mise à disposition des plants et du matériel destiné au nettoiement.
Pour lui, ce type d’initiative permet également d’aller à la rencontre des populations et de recueillir leurs préoccupations.
Un engagement politique assumé
Cette présence de terrain s’inscrit aussi dans un engagement politique clairement revendiqué.
Membre fondateur de Kiiray, Massamba Diop réaffirme son soutien au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Il affiche également son ambition de contribuer à la réussite de son mandat et à la perspective d’un second mandat. « Notre ambition, c’est d’accompagner le président pour qu’il réussisse sa mission et qu’il ait un second mandat », affirme-t-il.
En définitive, la journée aura mêlé environnement, cadre de vie, santé et engagement politique. Mais l’état des postes de santé aura constitué le principal point de friction dans le discours du responsable de MASLA.
En mettant l’accent sur les compétences transférées aux collectivités territoriales, Massamba Diop, président du mouvement MASLA interpelle ainsi la municipalité sur sa responsabilités dans l’accompagnement des structures sanitaires de proximité.
Une question qui dépasse le seul débat politique et renvoie, plus largement, à l’effectivité de la décentralisation et à la capacité des collectivités à répondre aux besoins essentiels des populations.
Auteur : A.F




