Le Centre régional des œuvres universitaires de Thiès (CROUS-T) a connu, lundi, une cérémonie de passation de service pas comme les autres. Pendant près de six heures, l’installation de Cheikh Tidiane Gaye, nouveau directeur, en remplacement de Serigne Mbacké Lô, a été rythmée par les hommages, les bilans, les ambitions affichées, mais aussi par une forte coloration politique.
Une passation de service peut être une simple formalité administrative. Celle du CROUS de Thiès avait manifestement une autre saveur. Dans la salle, les discours institutionnels se sont mêlés aux clins d’œil politiques, dans un contexte marqué par les recompositions au sein de la mouvance au pouvoir.
Cheikh Tidiane Gaye succède ainsi à Serigne Mbacké Lô, qui retourne à l’Université Iba Der Thiam de Thiès. Le premier est présenté comme proche du parti présidentiel KIIRAY, tandis que le second est associé à la mouvance Pastef.
Serigne Mbacké Lô joue la carte de l’apaisement
Au moment de passer le témoin, Serigne Mbacké Lô n’a pas voulu verser dans la polémique. L’ancien directeur a plutôt insisté sur la continuité du service public et sur la nécessité de préserver les acquis du CROUS-T.
« Les fonctions passent. Les convictions demeurent », a-t-il lancé.
Une phrase qui résume à elle seule l’atmosphère de la cérémonie. Pas de confrontation ouverte, encore moins de règlement de comptes. Le directeur sortant s’est même dit disponible pour accompagner son successeur.
Serigne Mbacké Lô a également défendu son bilan, mettant en avant plusieurs réalisations dans la gestion des ressources humaines, la transformation numérique et la numérisation du suivi sanitaire des étudiants.
Il assure laisser derrière lui « une administration structurée et une équipe solide, compétente et expérimentée ».

« Je viens servir, pas me servir »
Installé dans ses nouvelles fonctions, Cheikh Tidiane Gaye a rapidement donné le ton de son mandat.
« Je viens servir, pas me servir. Je viens rassembler, pas diviser. Je viens construire, pas déconstruire », a déclaré le nouveau directeur.
Une déclaration qui intervient alors que sa nomination est déjà scrutée sous l’angle politique.
Mais Cheikh Tidiane Gaye veut surtout parler de gestion. Il promet de s’attaquer aux conditions de vie et d’études des étudiants, à la performance administrative, à l’environnement de travail des agents et aux relations avec les différents partenaires.
« Nous préserverons ce qui fonctionne, nous corrigerons ce qui doit l’être et, lorsque cela sera nécessaire, nous engagerons les transformations qui s’imposent », promet-il.

La politique n’était jamais très loin
Même si la cérémonie est restée officiellement institutionnelle, les signes politiques étaient difficiles à ignorer.
La présence de militants et de responsables proches de KIIRAY, ainsi que l’environnement politique entourant cette succession, ont contribué à donner une dimension particulière à l’événement.
Cette séquence intervient dans un contexte national où les relations entre les différentes composantes du pouvoir font l’objet d’une attention soutenue. Les divergences entre le président Bassirou Diomaye Faye et le camp d’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, ont progressivement nourri de nouvelles grilles de lecture des mouvements politiques et des nominations intervenant dans l’appareil d’État.
À Thiès, le changement à la tête du CROUS-T n’échappe pas à cette lecture.
Les étudiants veulent surtout des résultats
Mais derrière les considérations politiques, une autre réalité demeure : celle des étudiants.
Logement, restauration, santé, transport, accompagnement social et qualité des services restent au cœur des préoccupations de la communauté universitaire.
C’est donc sur ces dossiers que le nouveau directeur sera attendu.
Cheikh Tidiane Gaye dit en étre conscient. Il estime que les œuvres universitaires occupent une place centrale dans la politique de développement du capital humain.
« Améliorer les conditions de vie et d’études de l’étudiant, c’est contribuer directement à sa réussite académique, à son employabilité et, à terme, à la compétitivité de notre pays », soutient-il.
Après les discours et les poignées de main, le nouveau directeur devra désormais passer aux actes. Car au CROUS-T, les étudiants attendent moins de politique et davantage de résultats.
Auteur : La Rédaction




