Rentrée scolaire : le SAEMS brandit la menace d’un blocage et accuse l’État de renier ses engagements

Le dossier de la formation des maîtres d’éducation physique et sportive (MEPS) et des chargés de cours en EPS prend une tournure préoccupante. En visite au CNEPS de Thiès, le secrétaire général national du SAEMS, El Hadji Malick Youm, a dénoncé le non-paiement des financements attendus et averti que la rentrée scolaire pourrait être impactée si la situation n’est pas rapidement réglée.

À quelques semaines de la rentrée scolaire, le Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire (SAEMS) interpelle le gouvernement sur la situation de la formation des personnels de l’éducation physique et sportive. En effet, ce lundi 10 août 2026, il s’est rendu au Centre national d’éducation populaire et sportive (CNEPS) de Thiès. L’ Objectif était de vérifier la situation de la formation des maîtres d’éducation physique et sportive et des chargés de cours en EPS, dont la suspension avait été signalée au syndicat.

Accompagné de responsables de la section de Thiès et de représentants de la structure nationale de l’EPS, le secrétaire général national du SAEMS affirme avoir voulu aller « à la source » pour comprendre les raisons de cet arrêt.

À l’issue de la visite, le syndicaliste affirme que les financements nécessaires à la poursuite de la formation n’auraient pas été versés. Pour El Hadji Malick Youm, cette situation traduit un manquement aux engagements pris par le gouvernement dans le cadre du protocole d’accord conclu avec les organisations syndicales.

« Le gouvernement n’a pas honoré ses engagements relativement à la poursuite de cette formation », dénonce le responsable syndical. Avant d’ajouter qu’ un dispositif de suivi avait pourtant été mis en place pour accompagner l’exécution des accords. Mais le syndicat dit constater aujourd’hui que les sommes attendues ne sont toujours pas disponibles.

« Les montants qui devaient être payés ne l’ont pas été », affirme-t-il, appelant le ministère de l’Éducation nationale à prendre des mesures urgentes.

Le syndicat soulève également la question du financement du démarrage de la formation.

À en croire M. Malick Youm, le CNEPS de Thiès aurait puiser dans ses ressources propres pour permettre le lancement du programme. Une situation qui pour lui, est innacceptable. Il considère que les établissements de formation ne devraient pas avoir à supporter financièrement des engagements relevant de l’État. Le mot d’ordre est donc clair : paiement des sommes dues et reprise de la formation.

« Nous n’accepterons pas… » : Youm hausse le ton

C’est sur la rentrée scolaire que le responsable syndical hausse véritablement le ton. El Hadji Malick Youm prévient que si aucune solution n’est trouvée rapidement, le conflit pourrait dépasser le cadre de la formation et affecter le démarrage des enseignements.

« Nous n’accepterons pas du tout que le gouvernement puisse encore une fois se livrer à son jeu favori qui n’est rien d’autre que de signer des accords pour ne pas les respecter », avertit-il.

Le syndicaliste évoque notamment la possibilité d’une suspension de l’ouverture des classes, faisant ainsi planer la menace d’une rentrée scolaire perturbée. Une sortie qui intervient à un moment où les autorités éducatives sont déjà engagées dans les préparatifs de la prochaine année scolaire.

Derrière cette querelle financière se joue également, selon le SAEMS, une question de carrière. La formation diplômante doit permettre à des agents ayant plusieurs années d’expérience dans le système éducatif de renforcer leur qualification et d’obtenir une reconnaissance professionnelle correspondant à leur parcours.

Selon M. Malick Youm, l’État ne peut donc pas traiter ce dossier comme une simple question administrative. « C’est un droit et ce droit-là doit être respecté », martèle-t-il.

Le SAEMS demande par conséquent au ministère de l’Éducation nationale de débloquer les financements et de permettre la reprise de la formation.

Alors que la rentrée s’approche, le gouvernement est désormais interpellé sur ce dossier. Si le blocage persiste, le contentieux autour de la formation des MEPS et des chargés de cours en EPS pourrait rapidement devenir un nouveau test pour le dialogue social dans le secteur de l’éducation.

Auteur : La Rédaction