Thiès – République du Sénégal
LETTRE OUVERTE
Thiès, le 26 juillet 2026
À Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYEPrésident de la République du Sénégal Palais de la République – Dakar
Copie : à la Nation sénégalaise
Objet : Plaidoyer national pour la protection des espaces publics et du patrimoine naturel -Appel à l’interdiction du morcellement des espaces publics et de l’abattage des baobabscentenaires, emblèmes de la Nation
Monsieur le Président de la République,En ma qualité de Président du Parti NIITE, Lampou Askanwi, je m’adresse à vous, et àtravers-vous à la Nation sénégalaise toute entière, avec le respect dû à votre haute fonction, mais aussi avec la gravité que commande une double atteinte à notre patrimoine collectif : le morcellement des espaces publics et l’abattage de nos baobabs centenaires. Ces deux fléaux, en apparence distincts, procèdent de la même logique de prédation du bien commun, et appellentune même fermeté de l’État.
I. Le morcellement des espaces publics
Le constat
Sur l’ensemble du territoire national, et singulièrement dans nos centres urbains en pleine expansion, des promoteurs immobiliers, en complicité avérée avec certains agents de l’État, procèdent au morcellement d’espaces publics pourtant déjà édifiés et aménagés pour l’épanouissement des populations. Places publiques, aires de jeux, espaces verts, terrains de sport de quartier et zones de respiration urbaine sont ainsi progressivement démembrés, vendus par lots et soustraits à leur vocation collective initiale.
Les conséquences
Protéger les espaces publics, c’est protéger les populations. Ces espaces jouent un rôle essentiel pour la santé physique et mentale de nos concitoyens, en offrant des lieux de détente, de sport et de socialisation, particulièrement pour la jeunesse et les enfants. Leur disparition prive nos villes des poumons verts et des lieux de vie collective indispensables à un développement urbain harmonieux et à un mieux-être durable des populations.
II. L’abattage des baobabs centenaires, une atteinte à notre emblème national
Le constat
À cette prédation urbaine s’ajoute une autre blessure, plus silencieuse mais tout aussi grave : l’abattage, par des promoteurs et exploitants sans scrupules, de baobabs centenaires disséminés à travers le pays. Ces arbres majestueux, dont certains portent en eux plusieurs siècles de mémoire collective, ne sont pas de simples ressources ligneuses : ils figurent, aux côtés du lion, sur les armoiries mêmes de notre République. Le baobab est un emblème national au même titre que lelion, symbole de force, d’enracinement et de longévité de la Nation sénégalaise. Tolérer l’abattage de ces géants séculaires, c’est tolérer une mutilation de notre identité collective, de notre mémoire historique et de notre patrimoine écologique commun.
Les conséquences
Le baobab abrite la biodiversité, structure les paysages, porte souvent une charge sacrée etmémorielle pour les communautés qui l’entourent, et constitue un repère identitaire transmis de génération en génération. Chaque baobab centenaire abattu est une page de notre histoire qui disparaît irrémédiablement, sans possibilité de restitution.
III. Notre plaidoyer : des actes forts pour protéger le bien commun et l’emblèmenational
C’est pourquoi je vous exhorte respectueusement, Monsieur le Président, au nom de ce plaidoyer national, à prendre les mesures suivantes :
▪ Décréter, dans les meilleurs délais, l’interdiction formelle de tout morcellement desespaces publics déjà édifiés ou destinés à l’usage collectif des populations ;
▪ Faire voter une loi instituant des peines sévères et dissuasives à l’encontre de toutcontrevenant, promoteur comme agent de l’État complice, en matière demorcellement des espaces publics ;
▪ Décréter l’interdiction absolue de l’abattage des baobabs centenaires sur l’ensembledu territoire national, sauf dérogation strictement encadrée pour raison de sécuritépublique dûment constatée ;
▪ Ériger, par voie légale, l’atteinte au baobab centenaire, à l’instar du lion, notre autreemblème national, en infraction sévèrement réprimée, avec des peines de prisonferme et des amendes dissuasives pour quiconque abat, mutile ou fait abattre unbaobab centenaire ;
▪ Instruire un recensement national des baobabs centenaires, en vue de leur classementofficiel comme patrimoine naturel et national protégé ;
▪ Instruire un audit des morcellements déjà opérés, en vue d’engager, partout où celaest possible, la restitution des espaces publics indûment cédés.
Monsieur le Président, protéger les espaces publics et protéger le baobab, c’est protéger une seule et même chose : l’âme de la Nation sénégalaise, sa santé, sa mémoire et son avenir. Ces mesures s’inscrivent pleinement dans l’esprit de rupture et de refondation que porte votre magistère, et répondent à une attente forte de nos populations en matière de justice, detransparence et de préservation du patrimoine collectif.
Convaincu que ce plaidoyer national trouvera auprès de vous, et auprès de chaque fille et fils du Sénégal, l’écho qu’il mérite, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération et de mon engagement renouvelé à vos côtés.

Pr Moustapha DIOP, Président du Parti NIITE, Lampou Askanwi




