Jàngalekati Kiiraay : la bataille des voix enseignantes

​À Thiès, la contestation pour la légitimité est ouverte. Moustapha Fall, professeur d’espagnolDoctorant en Didactique des Langues et coordonnateur départemental de Jàngalekati Kiiraay, monte au front pour défendre la représentativité de la Convergence nationale des enseignants. Face à ce qu’elle considère comme une confusion entretenue autour des porte-paroles du mouvement, la structure entend bien faire entendre sa voix.​

Pour l’heure, le débat ne porte pas sur le terrain des revendications salariales ou des conditions de travail, mais sur qui a la légitimité pour parler au nom des enseignants de Jàngalekati Kiiraay ?​

Lors d’un point de presse à Thiès, Moustapha Fall, membre fondateur du parti Kiiraay a choisi de poser les chiffres sur la table pour défendre l’ancrage de la Convergence nationale des enseignants Jàngalekati Kiiraay présentée comme l’héritière de la Convergence nationale des enseignants de la Coalition Diomaye Président.

​Existante depuis plus de huit mois, la structure revendique une présence effective dans les 46 départements du Sénégal et un total de 1 847 membres. Deux indicateurs qui constituent le cœur de sa démonstration : pour le mouvement, la représentativité ne saurait se réduire à des interventions médiatiques ou des publications sur les réseaux sociaux. Elle doit se prouver sur le terrain, à travers un réseau territorial structuré et une véritable base militante.

​Le bras de fer de la représentativité​

C’est précisément sur ce terrain d’ancrage que Moustapha Fall souhaite replacer le débat. La convergence déplore que des individus ou des groupes isolés s’improvisent porte-paroles de la communauté dans l’espace médiatique, entretenant ainsi le flou sur le poids réel des différentes organisations.

​Le message transmis est ferme : si la liberté de parole est un droit pour chacun, s’exprimer au nom d’un collectif structuré exige de prouver sa légitimité. « La représentativité ne se décrète pas ; elle se construit », rappelle la convergence.​ Une formule qui résume sa ligne de conduite. S’il n’est pas question de refuser le droit de s’exprimer à quiconque, il n’est pas non plus acceptable de laisser une entité s’arroger seule la représentation de l’ensemble des enseignants du mouvement. La structure se défend néanmoins de toute volonté d’exclusion : elle se dit ouverte à toutes les composantes partageant ses objectifs et appelle à la concertation et au respect mutuel.​

Les chiffres comme réponse

​Pour faire valoir son autorité, la convergence fait de son maillage territorial son argument majeur. 46 départements, 1 847 membres : ces données chiffrées visent à attester de son organisation et de son enracinement national.​

À Thiès, Moustapha Fall assume une position claire : la légitimité provient du travail de terrain plutôt que de l’exposition médiatique.​ « Notre légitimité, nous la tirons de notre travail. Notre représentativité, nous la tirons de notre implantation. Notre force, nous la tirons de nos 1 847 membres présents à travers les 46 départements », martèlent les responsables du mouvement, désireux d’écarter la polémique au profit des faits.

​Revenir au cœur de la mission éducative​

Au-delà de cette passe d’armes, la convergence souhaite rappeler son ambition première : porter les revendications et les préoccupations de la communauté éducative. Mobilisation du corps enseignant, défense de ses intérêts et participation active aux réflexions sur le système éducatif demeurent ses priorités.​

M. Fall invite ainsi ses collègues à ne pas se disperser dans des querelles secondaires. Le mouvement affirme vouloir poursuivre son action « dans la sérénité », fidèle aux principes de Jàngalekati Kiiraay, et souligne au passage la présence à ses côtés du Dr Aminata Touré, qui occupe le rôle de superviseure générale.​

L’appel à la vigilance des médias

​Enfin, la Convergence nationale des enseignants Jàngalekati Kiiraay lance un appel direct aux professionnels de l’information. Elle invite les médias à faire preuve de rigueur dans l’identification des différentes sensibilités et structures qui s’expriment, afin d’éviter toute amalgames. Un rappel essentiel dans un paysage où la visibilité médiatique s’apparente souvent à un brevet de légitimité.​

En réaffirmant sa position depuis Thiès, le coordonateur ramène le débat à une question fondamentale : qui dispose réellement d’une base militante pour s’exprimer au nom des enseignants de Jàngalekati Kiiraay ? Pour la convergence, la réponse se résume à deux chiffres : 46 départements et 1 847 membres.

Auteur : La Rédaction