FANDÈNE : DIAKHATÉ CHARGE LA GESTION MUNICIPALE

Industries, milliards d’investissements, mais toujours des urgences en santé, eau, éducation et infrastructures : Malick Diakhaté met en cause les choix de développement de Fandène et interpelle directement la gestion de l’équipe municipale.

La charge politique est lourde. Profitant d’une campagne de circoncision organisée ce week-end end au bénéfice des populations de Fandène, Malick Diakhaté, coordonnateur communal de Pastef, a choisi de dépasser le cadre de l’action sociale pour poser le débat sur la gouvernance de la commune.

Son interpellation repose sur un paradoxe qu’il juge difficilement acceptable : Fandène disposerait d’un important potentiel économique, avec plus d’une dizaine d’unités industrielles et des investissements de plusieurs milliards de francs CFA, sans que cette dynamique ne se traduise suffisamment, selon lui, dans le quotidien des populations.

« Où sont les retombées pour les populations ? »

Pour Diakhaté, la question n’est donc pas seulement celle des ressources disponibles, mais celle de leur traduction en services et en opportunités pour les habitants.

Santé, éducation, accès à l’eau, infrastructures et services de base : le responsable de Pastef égrène les secteurs dans lesquels il estime que des efforts restent nécessaires. Une manière, surtout, de mettre en débat la vision et les priorités de la gestion de la commune, dont il critique l’orientation.

L’agriculture et l’élevage figurent également au cœur de son plaidoyer.

S’appuyant sur sa formation en agronomie, M. Diakhaté estime que le potentiel foncier et territorial de Fandène pourrait davantage servir à créer des emplois et à offrir des perspectives aux jeunes.

La politique au-delà des discours

Le responsable politique entend également démontrer que son discours ne se limite pas aux critiques. Il cite notamment la campagne de circoncision menée dans plusieurs postes de santé, notamment à Sam Ndiaye, Touba peycouck et Ngoumsane, où près de 200 enfants ont été circoncis.

À ses yeux, cette initiative illustre une conception de l’action politique fondée sur la proximité et les réponses concrètes aux besoins des populations.

Mais derrière cette opération sociale, le message politique reste clair : Diakhaté veut imposer le débat sur les résultats, les priorités et la trajectoire de développement de Fandène.

« Thiès Sud » : Diakhaté dit non

Autre sujet abordé : l’avenir territorial de la commune. Malick Diakhaté rejette l’éventualité d’un rattachement de certaines localités de Fandène au projet de « Thiès Sud ».

Il défend au contraire le maintien de l’intégrité territoriale de la Fandéne et plaide même pour son érection en quatrième commune de la ville de Thiès.

Le mémorandum comme « arme »

Pour donner une portée institutionnelle à ses revendications, il affirme avoir transmis un mémorandum au président de la République recensant les préoccupations et les perspectives de développement de la commune. Il dit également avoir saisi les autorités administratives locales.

Avec cette offensive, le coordonnateur de Pastef entend désormais installer un autre débat à Fandène : au-delà du potentiel économique et des annonces, quelle vision pour transformer les ressources du territoire en progrès réellement perceptible par les populations ?

Une question qui s’inscrit aussi dans la bataille pour le contrôle du récit sur l’avenir de la commune et ouvre les ostillités pour les éléctions locales.

Auteur : A.F