DÉCHETS À THIÈS : LA DÉCHARGE DE KEUR MASSAMBA GUEYE AU CŒUR DE L’URGENCE


Six hectares de déchets, des contraintes foncières qui persistent et une chaîne de collecte encore fragile : à Thiès, la gestion des ordures reste un défi majeur pour les collectivités. Le PROMOGED veut désormais s’attaquer à l’un des points les plus sensibles du problème : la réhabilitation de la décharge de Keur Massamba Gueye.

À Thiès, les déchets ne sont plus seulement une affaire de salubrité. Ils sont devenus une question de santé publique, d’environnement et d’aménagement du territoire.

Dans cette ville confrontée à l’accumulation des ordures, la décharge de Keur Massamba Gueye cristallise une partie des difficultés. Le site, qui concentre une importante masse de déchets sur environ six hectares, fait désormais l’objet d’un projet de réhabilitation porté par le Projet de Promotion de la Gestion intégrée et de l’Économie des Déchets Solides au Sénégal (PROMOGED).

C’est dans ce contexte qu’un atelier consacré à la définition et à la validation du schéma conceptuel de réhabilitation de la décharge a réuni les autorités administratives et territoriales, les collectivités, les services techniques, la SONAGED ainsi que le groupement STUDI/SACI, chargé des études techniques.


UNE ÉQUATION QUI DÉBORDE LA DÉCHARGE

Le problème de Thiès ne s’arrête toutefois pas aux limites de Keur Massamba Gueye. Les communes du département font face à leurs propres difficultés de gestion des déchets, avec, notamment, une question foncière devenue centrale. À cela s’ajoutent les limites de la collecte et du transport des ordures.

Les échanges ont notamment fait ressortir la nécessité de disposer de moyens de transport réellement adaptés et dédiés à la collecte des déchets. Une faiblesse qui complique davantage la prise en charge régulière des ordures et contribue à alimenter la pression sur les sites de dépôt.

Dans ces conditions, réhabiliter la décharge sans agir sur le reste de la chaîne pourrait ne constituer qu’une réponse partielle. C’est précisément l’une des préoccupations qui sous-tendent l’approche défendue par le PROMOGED.


S’exprimant lors de l’atelier, Mme Sophie Dione Séne, directrice du PROMOGED, a insisté sur la nécessité de dépasser la simple présentation d’un document technique. Pour elle, l’enjeu est de parvenir à une solution qui corresponde réellement aux contraintes du terrain.

« L’objectif de notre rencontre ne consiste pas simplement à prendre connaissance d’un rapport technique », a-t-elle souligné, invitant les parties prenantes à examiner les différentes options proposées et à « parvenir collectivement à un consensus ».

La directrice du PROMOGED a également appelé à une démarche pragmatique, fondée sur les réalités du site et intégrant aussi bien les dimensions environnementales que sociales.

Une position qui traduit la volonté de faire de la réhabilitation de la décharge une opération structurante plutôt qu’une simple intervention ponctuelle. Car derrière les déchets accumulés se pose la question de l’avenir du système de gestion des ordures dans toute l’agglomération thiéssoise.


LE SCHÉMA AVANT LES TRAVAUX

Lors de l’atelier, le groupement STUDI/SACI a aussi présenté les résultats des analyses techniques, environnementales et sociales réalisées sur le site. Plusieurs variantes ont été examinées, avec pour objectif d’identifier la solution la plus adaptée aux caractéristiques et contraintes de la décharge.

Les recommandations issues de l’atelier doivent désormais permettre de consolider le schéma conceptuel avant la poursuite des études, notamment à travers l’Avant-Projet Sommaire (APS) et l’Avant-Projet Détaillé (APD).

Pour les acteurs réunis à Thiès, le chantier est donc lancé sur le papier. Reste le plus difficile : transformer les études en une réponse concrète et durable.

Car à Keur Massamba Gueye, l’urgence n’est pas seulement de réhabiliter une décharge. Elle est de reconstruire toute une chaîne de gestion des déchets capable de répondre aux besoins d’une ville en pleine croissance, tout en protégeant les populations et leur environnement.

Publié par : Anta Fofana