Le département de Thiès amorce une nouvelle phase de la réforme de la gestion des déchets solides. Réunis jeudi à la préfecture, les représentants de l’État, les élus locaux et les principaux acteurs du secteur ont validé une feuille de route destinée à mettre en place une entité de coopération intercommunale autour du futur Centre intégré de valorisation des déchets (CIVD) de Thiénaba. Ce projet, porté par le Projet de promotion de la gestion intégrée et de l’économie des déchets solides au Sénégal (PROMOGED), ambitionne de transformer durablement la gouvernance des déchets dans l’un des départements les plus peuplés du pays.
L’atelier de restitution du diagnostic départemental a rassemblé le préfet de Thiès, Mame Less Cabou, les sous-préfets, les maires des quinze communes du département, le Conseil départemental, la Société nationale de gestion intégrée des déchets (SONAGED), les services techniques déconcentrés de l’État ainsi que plusieurs partenaires institutionnels.
Au cœur des échanges figurait une question devenue majeure pour les collectivités territoriales : comment organiser, financer et gérer collectivement une infrastructure appelée à recevoir les déchets de plusieurs communes, dans un contexte où les capacités locales restent limitées et où les dépotoirs à ciel ouvert continuent de représenter un risque pour la santé publique et l’environnement.
Pour la directrice du PROMOGED, Sophie Dione, le futur Centre intégré de valorisation des déchets de Thiénaba ne constitue pas uniquement un investissement en infrastructures. Il implique également une nouvelle organisation institutionnelle reposant sur la coopération entre les collectivités territoriales.
« Une infrastructure de cette envergure ne peut fonctionner durablement sans une gouvernance partagée. Les communes devront mutualiser leurs moyens, définir des responsabilités communes et mettre en place un dispositif de gestion capable d’assurer la pérennité des investissements », a-t-elle expliqué.
Selon elle, le diagnostic réalisé ces derniers mois devait précisément permettre d’identifier les réalités du territoire, les contraintes techniques, institutionnelles et financières, mais également les leviers susceptibles de favoriser une coopération durable entre les communes concernées.
Cette démarche participative, a-t-elle ajouté, associe l’administration territoriale, les collectivités locales, les services techniques de l’État ainsi que les populations bénéficiaires afin de construire un modèle de gouvernance adapté aux réalités locales.
Au-delà des aspects institutionnels, le projet répond à un défi environnemental majeur. Dans le département de Thiès, comme dans plusieurs régions du Sénégal, une grande partie des déchets est encore déposée dans des décharges à ciel ouvert, souvent situées à proximité des zones d’habitation.
Pour Mme Sophie Dione, cette situation ne peut plus constituer une solution.
« Pendant longtemps, les déchets ont simplement été déplacés d’un site à un autre sans que le problème ne soit réellement résolu. Notre objectif est désormais de mettre en place des infrastructures conformes aux normes environnementales, capables de protéger les populations tout en améliorant durablement leur cadre de vie », a-t-elle déclaré.
Le futur centre sera complété par des stations de transfert et des équipements destinés à optimiser la collecte et le transport des déchets produits dans les différentes communes du département.
Les études d’impact environnemental ainsi que les études techniques devraient être lancées dans les prochains mois, après l’identification du site retenu à Thiénaba.
Pour le préfet de Thiès, Mame Less Cabou, cette réforme intervient dans un contexte marqué par une croissance démographique soutenue et une augmentation continue des volumes de déchets produits.
« Cette rencontre intervient à point nommé. Elle nous a permis de partager le diagnostic du département et de réunir l’ensemble des collectivités concernées autour d’une même vision. La gestion des déchets solides relève des compétences transférées aux communes, mais seule une coopération intercommunale permettra de relever efficacement ce défi », a-t-il estimé.
Le représentant de l’État considère que le futur Centre intégré de valorisation des déchets devrait constituer une réponse durable à une problématique qui préoccupe depuis plusieurs années les populations du département.
Les participants ont validé une feuille de route définissant les prochaines étapes de la réforme. Le document prévoit notamment la poursuite des concertations entre les collectivités territoriales, la préparation du cadre juridique de l’entité intercommunale, la définition des mécanismes de gouvernance et de financement ainsi que l’élaboration des instruments de suivi et d’évaluation.
Porté par l’État du Sénégal avec l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID) et la Banque européenne d’investissement (BEI), le PROMOGED entend faire de cette coopération intercommunale un modèle de gouvernance locale au service de la transition environnementale.
Au-delà de la construction du Centre intégré de valorisation des déchets de Thiénaba, les autorités misent sur une transformation durable des politiques publiques de gestion des déchets, avec pour objectif de renforcer la salubrité, de protéger l’environnement et d’améliorer les conditions de vie des populations du département de Thiès.
La Rédaction




