Thiès a servi de point de départ à une réforme majeure de l’état civil sénégalais. L’Agence nationale de l’état civil (ANEC) y a officiellement lancé, ce mercredi, le déploiement national du Logiciel de gestion des faits d’état civil (LGEC), un outil numérique destiné à moderniser le système, renforcer la sécurisation des actes et rapprocher davantage les services des citoyens.
En choisissant la commune de Thiès Est pour donner le coup d’envoi de cette réforme, l’ANEC affiche son ambition de transformer durablement la gestion de l’état civil au Sénégal. La cérémonie de lancement, couplée à une session de formation, a réuni autorités administratives, élus territoriaux, officiers d’état civil, agents municipaux et partenaires techniques autour d’un même objectif : réussir la transition vers un état civil entièrement numérisé.

Le nouveau Logiciel de gestion des faits d’état civil (LGEC) sera progressivement déployé dans plus de 600 centres d’état civil à travers le pays. Pour le directeur général de l’ANEC, Matar Ndao, il ne s’agit pas simplement d’introduire un nouvel outil informatique, mais de corriger les insuffisances structurelles qui pénalisent depuis longtemps les usagers.
Parmi les principaux défis figurent les nombreuses déclarations tardives de naissance, les difficultés de traçabilité et les pertes de données, notamment lorsque les faits d’état civil surviennent en dehors des structures sanitaires.
Pour y remédier, le nouveau système prévoit un dispositif plus inclusif impliquant les structures de santé, les officiers d’état civil ainsi que les relais communautaires, notamment les délégués de quartier et les Badienou Gokh. L’objectif est de rapprocher l’enregistrement des faits de leur survenance afin de réduire les retards et les omissions.
Matar Ndao, directeur général de l’ANEC mise également sur la digitalisation des démarches administratives avec la plateforme « Sama État civil », qui permettra aux citoyens de solliciter en ligne des actes de naissance, de mariage ou de décès sans avoir à effectuer systématiquement le déplacement vers les centres d’état civil.
Ce service devrait également faciliter les démarches des Sénégalais établis à l’étranger, souvent confrontés à des procédures longues et complexes.Au-delà de la simplification des procédures, la réforme entend renforcer la fiabilité des documents administratifs.
Les actes délivrés par le LGEC intégreront des dispositifs de sécurisation renforcés afin de limiter les risques de falsification et de fraude documentaire.
M. Ndao envisage par ailleurs une interconnexion progressive de cette plateforme avec les bases de données des secteurs de la santé et de l’éducation. Une évolution qui permettra, à terme, de fluidifier les vérifications liées à l’identité civile et de faciliter plusieurs démarches administratives.
Consciente que la réussite d’une telle réforme dépend avant tout des ressources humaines, l’agence a placé la formation des agents au cœur du dispositif. Les sessions ouvertes à Thiès seront progressivement étendues aux autres régions afin de permettre aux officiers d’état civil de maîtriser pleinement les nouveaux outils numériques.

Les collectivités territoriales saluent cette initiative tout en appelant à réunir les conditions de sa réussite. Première adjointe au maire de Thiès Est, Adji Maïmouna Ba a rappelé que « l’état civil constitue la première porte d’entrée vers la citoyenneté ».
Elle a plaidé pour un renforcement des capacités des agents, des équipements modernes, une connexion internet stable et un accompagnement permanent afin de garantir un service public performant, sécurisé et accessible à tous.
À travers cette réforme, l’ANEC entend inscrire l’état civil dans la dynamique de modernisation de l’administration sénégalaise. Si les ambitions sont importantes, le véritable défi sera désormais celui de la mise en œuvre effective sur l’ensemble du territoire, où les contraintes techniques, logistiques et humaines demeurent nombreuses.
Le chantier est désormais lancé à Thiès, avec la promesse d’un état civil plus fiable, plus rapide et davantage au service des citoyens.
Auteur : La Rédaction




