‎Décentralisation : Les adjoints au maire réclament un statut, des attributions claires et davantage de reconnaissance

‎‎Réunis en conclave aujourd’hui à Mbour, les adjoints au maire ont remis sur la table plusieurs revendications qu’ils jugent indispensables pour renforcer leur place dans la gouvernance locale. Entre reconnaissance institutionnelle, formation, protection sociale et clarification de leurs missions, leur président national, Joseph Diab, appelle l’État à franchir une nouvelle étape dans le processus de décentralisation.‎‎‎

Longtemps restés dans l’ombre des maires, les adjoints au maire entendent désormais faire entendre leur voix. À Mbour, où s’est tenue une rencontre départementale de leur association, les élus ont dressé le bilan des avancées obtenues ces derniers mois, tout en identifiant les défis qui persistent dans l’exercice de leurs fonctions.‎‎

Pour Joseph Diab, président national de l’Association des adjoints aux maires du Sénégal, cette réunion avait un double objectif : rendre compte des acquis enregistrés depuis la création de l’organisation et préparer les prochaines étapes de son développement.‎‎

L’un des principaux motifs de satisfaction reste l’obtention de la reconnaissance juridique de l’association, une étape que son président considère comme déterminante pour la crédibilité de la structure.‎‎ Il rappelle que cette reconnaissance, officialisée lors du lancement national organisé le 13 juin à Louga, permet désormais aux adjoints au maire de disposer d’un cadre légal leur offrant les mêmes possibilités que les autres organisations d’élus locaux.‎‎

« Nous avons aujourd’hui notre identité juridique. C’est un acquis majeur qui nous permettra de travailler aux côtés des pouvoirs publics pour accompagner les politiques de décentralisation », a déclaré M. Diab.‎‎

Au-delà de cette reconnaissance, le président estime que la montée en compétences des élus locaux constitue désormais une priorité. Selon lui, les 2 023 adjoints au maire que compte le Sénégal doivent bénéficier de formations régulières afin de mieux répondre aux exigences de la gestion territoriale.‎‎

Mais la principale revendication formulée lors de cette rencontre concerne l’instauration d’un véritable statut de l’élu local. Pour M. Joseph Diab, les adjoints au maire continuent d’exercer leurs fonctions sans que leurs responsabilités soient clairement définies par des attributions précises.‎‎

« Un adjoint au maire ne devrait pas porter uniquement un titre. Il doit disposer de responsabilités clairement identifiées dans des domaines comme l’état civil, l’éducation ou d’autres secteurs de compétence de la commune », a-t-il soutenu.‎‎

Le responsable estime qu’une telle réforme permettrait non seulement de mieux valoriser les compétences des adjoints, mais également d’améliorer le fonctionnement des collectivités territoriales.

‎‎À l’approche de la rencontre du 2 juillet annoncée entre le président de la République et les élus territoriaux à Diamniadio, Joseph Diab affirme que les adjoints au maire souhaitent prendre toute leur part dans la mise en œuvre de l’Acte 4 de la décentralisation. Il assure que son organisation est disposée à accompagner les réformes engagées par l’État, tout en plaidant pour une meilleure prise en compte des préoccupations spécifiques des élus municipaux.‎‎

Parmi les doléances déjà transmises aux autorités figurent également la création d’une retraite municipale, l’accès à une couverture médicale ainsi que l’octroi de passeports de service pour faciliter la participation des adjoints au maire aux programmes de coopération décentralisée.‎‎

Il insiste enfin sur la nécessité pour l’association de bénéficier d’un accompagnement financier afin de déployer ses activités sur l’ensemble du territoire national et poursuivre son programme de renforcement des capacités.‎‎

Pour les adjoints au maire, la réussite de la décentralisation passe désormais par une reconnaissance plus affirmée de leur rôle dans l’administration des collectivités territoriales.

Auteur : A. F. K