L’ambiance était à la fois solennelle et interrogative ce Samedi au marché central aux poissons de Thiès. À l’occasion d’une journée portes ouvertes, autorités administratives, acteurs de la pêche, élus territoriaux et partenaires techniques se sont retrouvés autour de cette infrastructure moderne, présentée comme un levier majeur de développement économique et de sécurité alimentaire.
Sous les hangars encore trés partiellement occupés, le contraste est saisissant entre les ambitions affichées et la réalité du terrain. Le marché, officiellement ouvert le 30 mars 2026, n’a pas encore trouvé son rythme de croisière. Les allées restent clairsemées, les espaces de vente sous-exploités, et l’activité commerciale loin des projections initiales.
Une infrastructure moderne mais sous-utilisée
Prenant la parole devant l’assistance, le directeur du marché central aux poissons, El Hadji Falilou Diouf, a dressé un constat sans détour. Malgré la mise en service de l’infrastructure, le niveau d’occupation reste très faible.
« Depuis l’ouverture, le marché tarde à connaître son véritable décollage. Nous sommes encore à un niveau d’activité très en deçà des attentes », a-t-il reconnu, appelant les acteurs de la filière à investir massivement les lieux.
Pour lui, l’enjeu principal reste le transfert effectif des opérateurs depuis l’ancien site vers la nouvelle plateforme. Un processus jugé lent et encore bloqué par certaines résistances organisationnelles.
Le blocage du transfert au cœur des préoccupations
Dans son intervention, le responsable a insisté sur ce qu’il considère comme le principal frein au fonctionnement optimal du marché : le transfert des acteurs de la pêche.
« Le blocage est clairement au niveau du transfert. Depuis le 11 mars, malgré le contrôle des acteurs concernés, la situation n’évolue pas comme souhaité », a-t-il expliqué, appelant les autorités administratives à intervenir davantage.
Il plaide notamment pour la prise de mesures fortes afin d’accélérer le processus et permettre une occupation effective de l’infrastructure.
Des conditions de vente encore préoccupantes
Sur le terrain, la réalité observée renforce les inquiétudes. Faute d’une organisation pleinement opérationnelle, certains commerçants continuent de vendre leurs produits dans des conditions peu conformes aux normes d’hygiène, parfois à même le sol.
Une situation qui interpelle le directeur du marché central de Diassap, qui y voient un risque sanitaire et un frein à la modernisation de la filière.
« Il faut des mesures fortes. On ne peut pas continuer avec des pratiques qui compromettent l’hygiène et la qualité des produits », a alerté M. Diouf.
Un appel à l’appropriation collective
Au-delà des difficultés, cette journée portes ouvertes a également servi de cadre de sensibilisation. Les autorités appellent à une appropriation collective de l’infrastructure par l’ensemble des acteurs : pêcheurs, mareyeurs, transporteurs, commerçants et collectivités locales.
L’objectif affiché étant de faire du marché central aux poissons un pôle économique structurant, capable de dynamiser la chaîne de valeur halieutique et de renforcer l’attractivité de la région.
Entre espoir et impatience
Si les ambitions restent intactes, l’impatience est perceptible. Pour de nombreux intervenants, la réussite du projet dépendra désormais de la capacité des acteurs à lever les blocages et à accompagner la transition vers ce nouvel outil.
En attendant, le marché central aux poissons de Thiès demeure à un tournant : celui où une infrastructure prometteuse doit encore convaincre sur le terrain.




