Souveraineté alimentaire : le Sénégal veut doubler sa production de lait local d’ici 2030

Le Sénégal veut réduire sa dépendance aux importations de produits laitiers en renforçant sa production locale. À Thiès, le ministre chargé de l’Élevage, Maître Ousmane Diagne, a présidé mardi l’ouverture de l’atelier national de validation du Plan d’action national actualisé pour le développement des chaînes de valeur du lait local.

Le défi est de taille. La production nationale est estimée à 417 millions de litres de lait, contre 849 millions de litres de produits laitiers importés chaque année, pour une facture de 156 milliards de francs CFA. Pour le gouvernement, ces chiffres traduisent l’urgence de renforcer les capacités de la filière afin de réduire progressivement la dépendance vis-à-vis des approvisionnements extérieurs.

« L’État veut réduire la dépendance vis-à-vis des approvisionnements extérieurs tout en structurant l’économie pastorale », a déclaré Maître Ousmane Diagne lors de la cérémonie d’ouverture.

Cette orientation s’inscrit dans la stratégie régionale « Offensive Lait », portée par la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS. Elle vise notamment à doubler la production laitière locale à l’horizon 2030.

Initié en 2021, le Plan d’action national a été actualisé sous la conduite de la Direction des industries animales, en coordination avec le secrétariat permanent de la Plateforme régionale multi-acteurs. Cette organisation regroupe 18 pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Sa deuxième session ordinaire de la Conférence annuelle s’était tenue à Thiès en janvier dernier.

Pour le ministre, le Sénégal dispose déjà de plusieurs leviers pour développer sa filière. Il cite notamment l’importance du cheptel, l’expérience des éleveurs et producteurs, l’existence d’organisations professionnelles, les unités de collecte et de transformation ainsi que les compétences scientifiques et techniques disponibles. À cela s’ajoute un marché caractérisé par une demande importante.

Selon lui, l’enjeu consiste désormais à améliorer la productivité, la collecte, la transformation et la commercialisation du lait, tout en assurant une rémunération plus équitable aux producteurs.

Pour éviter que le nouveau plan ne reste au stade des orientations, Maître Diagne a fixé trois exigences aux acteurs réunis à Thiès : le réalisme, l’opérationnalité et la concertation.Le réalisme doit permettre de partir de données fiables afin de mieux cerner les contraintes, les besoins, les coûts et les capacités réelles du secteur. L’opérationnalité implique de rattacher chaque priorité à des actions précises, des responsabilités clairement définies, des échéances et des financements identifiés.

Pour lui, la concertation devra, elle, associer l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur, avec une attention particulière à l’intégration économique des femmes et des jeunes.

À l’issue du processus de validation, le Cadre national multi-acteurs sera formalisé par un arrêté ministériel. La Direction des industries animales conservera son rôle d’appui technique et de coordination. Le rapport final sera ensuite transmis au Secrétariat permanent régional.

M. le ministre de l’élévage Ousmane Diagne entend également porter le dossier auprès des bailleurs de fonds et des instances communautaires. Pour illustrer la nécessité d’une mobilisation collective, il a repris le proverbe wolof « Benn loxo du tàccu », rappelant qu’une seule main ne peut applaudir.

Auteur : La Rédaction