À Thiès, la plateforme Ndawi Sénégal veut faire de la qualification professionnelle un véritable levier d’autonomisation des jeunes. Son président-fondateur, Cheikh Sy, plaide pour un renforcement des passerelles entre les structures de formation, les entreprises et les autorités. Selon lui, la formation perd une grande partie de son efficacité lorsqu’elle ne débouche pas sur une insertion professionnelle effective.
Former, oui. Insérer, surtout. C’est le défi auquel entend s’attaquer Ndawi Sénégal. Présentée comme une initiative dédiée à la qualification, à l’emploi et à l’autonomisation des jeunes, la plateforme développe ses activités à Thiès autour de plusieurs filières professionnelles. Son président-fondateur, Cheikh Sy, inscrit cette démarche dans un contexte marqué par la vulnérabilité d’une partie de la jeunesse sénégalaise et par les difficultés d’accès à la formation et à l’emploi.
« On a constaté qu’ici, au Sénégal, les jeunes sont vulnérables et souvent exposés à des situations difficiles qui freinent leur scolarisation et retardent leur épanouissement », explique-t-il.C’est dans cette perspective que Ndawi Sénégal a choisi de miser sur la formation professionnelle pour doter les jeunes de compétences directement valorisables.
La plateforme intervient dans divers métiers, notamment la pâtisserie, la restauration, l’hôtellerie, l’informatique, la plomberie, l’électricité, le secrétariat bureautique, la maçonnerie et le carrelage. Des domaines qui, selon lui, constituent autant de portes d’entrée vers l’emploi salarié que vers l’entrepreneuriat.
Au-delà du nombre de jeunes formés, le responsable de Ndawi Sénégal soulève la question de l’après-formation. Un enjeu déterminant dans un contexte où l’acquisition d’une qualification ne garantit pas automatiquement l’accès à un emploi.
« Parfois, c’est compliqué de former des jeunes sans assurer leur insertion », reconnaît-il. Pour lui, l’efficacité des programmes destinés à la jeunesse doit désormais s’évaluer à l’aune de leur capacité à créer de véritables débouchés professionnels.
La plateforme souhaite ainsi nouer davantage de partenariats avec les entreprises locales et les autorités afin de faciliter l’insertion des bénéficiaires. Des discussions sont déjà engagées avec certains partenaires potentiels, indique M. Sy.
Cette stratégie s’appuie sur des expériences déjà menées sur le terrain. Le président de la plateforme cite notamment une formation ayant bénéficié à 200 jeunes dans le domaine de la pâtisserie. Une autre session, récemment achevée, a permis de former une quinzaine de jeunes dans cette même filière.
Pour Ndawi Sénégal, l’enjeu consiste désormais à consolider ces acquis en créant un continuum entre formation, qualification, insertion et autonomisation. Une manière de dépasser la logique des formations ponctuelles pour inscrire l’accompagnement des jeunes dans une trajectoire professionnelle durable.
Cheikh Sy insiste par ailleurs sur le statut de la structure. S’il revendique à titre personnel un engagement politique, il assure que Ndawi Sénégal demeure strictement apolitique : « Moi, Cheikh Sy, je suis un acteur politique, mais la plateforme, elle, reste totalement neutre et apolitique », précise-t-il.
L’ambition est de maintenir le dispositif à l’écart des considérations partisanes et de concentrer ses actions sur trois priorités : former les jeunes, faciliter leur accès à l’emploi et favoriser leur autonomisation.
À Thiès, la plateforme Ndawi Sénégal entend ainsi faire de la formation professionnelle non plus une finalité, mais le premier maillon d’une chaîne devant mener à l’intégration économique.
Un changement de perspective qui place la recherche de partenariats avec le tissu économique local au cœur de son dispositif.
Auteur : La Rédaction




