
C’est un véritable réquisitoire qui s’est joué dans la cité religieuse. À Tivaouane, les masques sont tombés. Moussa Diène, homme fort du mouvement Kiiraay et secrétaire général national de la centrale syndicale CFS (Coordination des forces sociales), a ouvert un feu nourri sur l’ancien premier ministre Ousmane Sonko. Entre accusations de « sabotage », révélations sur la cohabitation au sommet de l’État et grandes manœuvres électorales pour 2029, le responsable politique solde les comptes.
Le ton est sec, le verbe tranchant. Dans un communiqué adressé au journal L’Évidence, Moussa Diène n’a pas fait dans la demi-mesure. Le coordonnateur départemental du parti Kiiraay, par ailleurs responsable de Jàngalekatu Kiiraay et membre fondateur de la Convergence nationale, est venu solder le passé récent de la majorité présidentielle. Dans sa ligne de mire : l’ancien premier ministre.
Pour le cadre de Kiiraay, les choses sont claires : les deux premières années du régime n’auraient été qu’un long gaspillage de temps, neutralisé par ce qu’il qualifie de « guerre sourde » orchestrée depuis la Primature.
« Deux ans d’immobilisme et de sabotage »
« Le pays est resté deux ans, deux bonnes années, immobile », tranche d’emblée M. Diène. À l’en croire, l’ex-chef du gouvernement aurait sciemment ramé à contresens des orientations données par le Palais de l’Avenue Léopold Sédar Senghor.
Le coordonateur départemental ne s’arrête pas là et lâche les mots qui fâchent : « incompétence » et « sabotage ». Pour enfoncer le clou, M. Diéne responsable politique du parti kiiray dresse une comparaison assassine entre la gestion municipale de Ziguinchor sous Sonko et son passage à la Primature. À ses yeux, le même « amateurisme » aurait été transposé au sommet de la République pour freiner l’envol du chef de l’État.
La carte Diomaye Faye
Le patron local de Kiiraay sort la brosse à reluire pour le président Bassirou Diomaye Faye. Peignant le chef de l’État sous les traits d’un « homme d’État serein, rigoureux et patient », il affirme que le départ de l’ancien Premier ministre a enfin libéré la machine gouvernementale.
Infrastructures, extension du TER, fermeture des abris provisoires dans les écoles, recrutements dans la santé et subventions massives au monde rural : Moussa Diène égrène ce qu’il présente comme la « preuve par les faits » du renouveau présidentiel.
La guerre des réseaux sociaux et le choc des cultures
Autre terrain de bataille : la salubrité du débat public. Sur les dérives observées sur Internet (fausses nouvelles, insultes, diffamation), le lieutenant de Kiiraay se fait le chantre de la manière forte. Il appelle le Parquet et les forces de sécurité à sévir contre les délinquants du Web.
Au passage, il tire à boulets rouges sur l’école Pastef. Opposant la tradition du débat d’idées incarnée autrefois par des figures comme feue Moustapha Niasse, Khalifa Sall ou Macky Sall, il accuse les troupes du parti pastef les patriotes d’avoir « barbarisé » l’espace politique à coups d’invectives et de haine.
Même charge contre la majorité parlementaire, accusée de mener un « acharnement diabolique » contre l’Exécutif à travers les dossiers chauds de l’électricité, des inondations et des finances.
La bataille des communes pour 2029
Derrière la guerre des mots se cache la réalité du terrain. Après avoir battu campagne sous les couleurs de la coalition Diomaye Président, Kiiraay veut changer de dimension dans le département de Tivaouane.
Moussa Diène annonce une occupation systématique du terrain : gares routières, marchés, loumas, terrains de football et villages reculés. L’objectif est clairement martelé : rafler la totalité des 18 communes du département aux prochaines élections locales pour installer Kiiraay comme maître absolu de la zone, et baliser, dès aujourd’hui, la voie d’un second mandat pour le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye en 2029.
Auteur : La Rédaction



