Grève générale des 21, 22 et 23 octobre : Elimane Diouf hausse le ton à Thiès

Le front syndical remet la pression sur le gouvernement. En tournée de mobilisation à Thiès, le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (CSA), Elimane Diouf, a confirmé la préparation d’une grève générale les 21, 22 et 23 octobre.

Face aux travailleurs réunis en assemblée générale hier, le responsable syndical a dressé un réquisitoire contre la mise en œuvre du pacte de stabilité signé avec l’État en 2025.

Pour Elimane Diouf, le compte n’y est pas. Après évaluation, les organisations syndicales affirment avoir constaté que plusieurs engagements n’ont connu « même pas un début d’exécution ».

Le nouveau préavis de grève déposé par le Front syndical pour la défense du travail intervient dans un contexte de fortes tensions autour du respect des engagements pris avec les travailleurs.

Elimane Diouf reproche au gouvernement de ne pas avoir engagé, depuis le dépôt du préavis, des négociations suffisamment sérieuses sur les revendications syndicales.

Le syndicaliste pointe notamment la question de la réforme du Code du travail et du Code de sécurité sociale, deux textes dont les organisations de travailleurs avaient participé à l’élaboration au sein du Conseil consultatif national du travail et de la sécurité sociale.

Mais c’est surtout la gouvernance des institutions sociales qui cristallise la colère syndicale.

M. Diouf conteste plusieurs modifications introduites dans les textes, notamment celles relatives à l’IPRES et à la Caisse de sécurité sociale.

Il cite la réduction de la représentation des travailleurs dans les organes de gouvernance, la suppression du collège de représentants ainsi que les nouvelles prérogatives attribuées au ministre de tutelle.

Pour la CSA, ces dispositions remettent en cause l’autonomie de gestion des institutions sociales.

« Nous n’accepterons jamais la remise en cause de l’autonomie de gestion de nos institutions sociales », a martelé le secrétaire général de la CSA.

À Thiès, la rencontre constitue une étape de la campagne nationale engagée par le Front syndical pour le défense du travail.

Des responsables syndicaux sont déployés dans les différentes régions afin de sensibiliser et mobiliser les travailleurs avant l’échéance d’octobre.

Le message d’Elimane Diouf est sans détour : les syndicats entendent poursuivre la mobilisation jusqu’à l’obtention d’engagements fermes sur le respect du pacte de stabilité et sur les réformes sociales contestées.

Les 21, 22 et 23 octobre pourraient ainsi constituer un nouveau moment de confrontation entre le mouvement syndical et le gouvernement.

Auteur : La Rédaction