Affaire Ousseynou Fall : le cri d’un père entre responsabilité et inquiétude familiale

Entre mea culpa et appel au secours, Abdoulaye Mawo Fall a choisi de porter publiquement la parole de sa famille. Le père de l’ex-caporal Ousseynou Fall, ancien militaire et invalide de guerre, s’est exprimé sur la situation de son fils, interpellé mardi, en appelant les différentes composantes de la société à contribuer à une issue permettant à ce dernier de retrouver ses proches.

Coordinateur départemental de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, Abdoulaye Fall a surtout voulu replacer l’affaire sur le terrain familial. Son intervention intervient après des propos attribués à son fils concernant l’armée, dont il reconnaît le caractère fautif.

« En tant que père, je reconnais cette faute et je demande humblement pardon à l’ensemble des Sénégalaises et des Sénégalais, sans distinction », a-t-il déclaré.

L’homme, qui a lui-même servi dans l’armée, rappelle que son fils avait été blessé pendant son service avant de quitter les rangs à la suite d’une décision de l’autorité militaire. Cette trajectoire personnelle donne, selon lui, une dimension particulière à la situation actuelle.Une famille dans l’attente

Au-delà de la polémique suscitée par les propos de l’ancien caporal, le témoignage d’Abdoulaye Mawo met en lumière l’inquiétude de ses proches.

Il affirme que la mère d’Ousseynou, ses frères, ses sœurs, ses cousins et d’autres membres de la famille vivent avec préoccupation cette période. Il dit avoir été mandaté par les siens pour prendre la parole et solliciter un accompagnement.

« Ousseynou est mon enfant. C’est un fils que j’aime profondément », a-t-il déclaré.

Cette dimension familiale constitue le cœur de son intervention : le père dit vouloir éviter la confrontation et privilégier les démarches susceptibles de rapprocher son fils de sa famille.

Des inquiétudes sur l’environnement politique de son fils

M. Mawo Fall exprime toutefois de fortes inquétudes sur l’engagement politique de son fils. Il affirme que celui-ci évolue au sein d’une organisation qu’il qualifie de « secte politique ».

Il dit notamment s’interroger sur l’absence, de soutien de responsables de cette organisation auprès de son fils depuis son arrestation.

Malgré ces critiques, il assure ne pas vouloir transformer cette situation en affrontement. « Malgré cela, je leur pardonne. Je ne cherche pas le conflit. Je demande simplement qu’on m’aide à retrouver mon fils », a-t-il affirmé.

La solidarité comme recours

Dans cette épreuve, l’ancien militaire élargit son appel à l’ensemble du corps social. Il sollicite l’intervention des autorités administratives et politiques, des acteurs de la justice, des forces de défense et de sécurité, des élus, des universitaires, de la société civile et des citoyens.

Les autorités religieuses sont également invitées à jouer un rôle d’accompagnement auprès de la famille. Marabouts, curés, abbés et autres guides religieux sont directement interpellés par le père.

Cette démarche traduit, selon ses propos, la volonté de mobiliser les réseaux familiaux, sociaux et institutionnels autour d’une situation qu’il présente avant tout comme une épreuve familiale.

Reconnaître sans s’effacer

Tout en demandant pardon pour les propos de son fils, Abdoulaye Mawo Fall refuse d’associer cette démarche à un renoncement personnel. « Demander pardon ne signifie pas renoncer à sa dignité. Je peux reconnaître une faute, assumer mes responsabilités et demander pardon, tout en restant debout », a-t-il déclaré.

L’ancien militaire réaffirme ainsi sa volonté d’assumer sa position de père tout en appelant à une issue permettant à son fils de retrouver les siens. « Aujourd’hui, ma seule lutte est de libérer mon fils de cette organisation secte politique, afin qu’il puisse retrouver sa famille », a-t-il conclu.

Auteur : La Rédaction