À Kawsara, dans la commune de Thiès-Nord, les difficultés du quotidien s’accumulent. Insécurité, déficit d’éclairage public, insalubrité, inondations récurrentes, accès difficile à certaines zones et dégradation d’espaces communautaires constituent autant de préoccupations soulevées par les habitants. Sur le terrain, le constat traduit un quartier confronté à des problèmes d’aménagement qui affectent directement le cadre de vie des populations.
La nuit tombée, certaines ruelles de Kawsara plongent dans l’obscurité, faute d’un éclairage public suffisant. Une situation qui, selon plusieurs habitants, alimente le sentiment d’insécurité dans le quartier. Les maisons abandonnées ou en construction sont notamment pointées du doigt comme des lieux susceptibles de servir de refuges à des individus mal intentionnés.
Riverain et enfant du quartier, Bassirou Diop met particulièrement l’accent sur cette question. « C’est un quartier où on souffre vraiment de cette insécurité, parce qu’il y a énormément de maisons abandonnées. Il y a des maisons en construction qui n’ont pas encore fini », explique-t-il.
À cette situation s’ajoutent les vols à l’arraché attribués par le riverain à certains utilisateurs de motos Jakarta.
« Les jeunes, souvent avec leur Jakarta, font des vols à l’arrachée », déplore-t-il, appelant à des mesures pour mettre un terme à ce phénomène.
Au-delà de l’insécurité, l’assainissement demeure l’une des principales préoccupations exprimées par les populations.
Dans certaines zones de Kawsara Extension, les habitants affirment être confrontés à des difficultés récurrentes lors de l’hivernage. Le quartier serait notamment exposé à l’accumulation des eaux pluviales provenant d’autres secteurs.
À chaque épisode pluvieux important, les populations doivent ainsi s’organiser avec leurs propres moyens pour faciliter l’écoulement des eaux et dégager certaines emprises.
Le problème se pose également en matière d’évacuation des eaux usées. Dans certaines concessions, la montée de la nappe rendrait difficile la réalisation ou l’utilisation de latrines.
« Kawsara Extension est un petit village à l’intérieur de Thiès », regrette un habitant, résumant ainsi le sentiment d’enclavement exprimé par une partie des riverains.
Pour M. Diop, l’insalubrité constitue également une préoccupation quotidienne. « Parfois, c’est très sale dans les ruelles du quartier », témoigne-t-il, mettant cette situation en rapport avec les difficultés d’accès de certains secteurs et les problèmes de ramassage des ordures.
Autre point de préoccupation : l’ancien terrain de football du quartier. Jadis espace de rassemblement et de pratique sportive pour les jeunes, le site est aujourd’hui fortement affecté par les eaux stagnantes.
Président du mouvement politique « Quartier Sûr » et ancien responsable de 2K – Kawsara Serigne Mor Diop considère que la dégradation de cet espace dépasse la seule question sportive.
« Nous sommes dans un endroit hautement symbolique et historique », rappelle-t-il, soulignant le rôle que jouait le terrain dans la vie sociale du quartier.
Mais, selon lui, l’état actuel du site est particulièrement préoccupant. « Force est de reconnaître que le spectacle est désolant », déplore-t-il.
Serigne Mor évoque également un phénomène de salinisation qu’il estime préoccupant pour les habitations environnantes. « Il y a non seulement une avancée notoire de la salinisation, mais l’eau stagnante en est un peu à l’origine », soutient-il.
Il déplore notamment une situation susceptible de devenir une « bombe » à retardement pour les populations riveraines, en raison, à l’en croire, de la progression du phénomène autour des habitations.
La question de l’accessibilité vient compliquer davantage la situation. D’aprés M. Diop, les pluies rendent certains déplacements particulièrement difficiles dans cette partie de Kawsara.
La présence d’équipements publics, notamment une école et un poste de santé, accentue l’enjeu. Enfants, patients et autres usagers doivent pouvoir accéder à ces infrastructures quelles que soient les conditions météorologiques.
« Après la pluie, pratiquement cette partie de Kawsara est un peu coupée au reste du quartier qui se trouve être Keury kaw », affirme-t-il.
Les habitants seraient alors contraints d’emprunter des détours pour rejoindre certaines parties du quartier, une situation qui complique davantage les déplacements et renforce le sentiment d’isolement de certains secteurs.
Face à cette accumulation de difficultés, les habitants demandent des réponses concrètes. Ils reconnaissent certains efforts consentis au niveau local, mais estiment qu’ils restent insuffisants au regard de l’ampleur des problèmes.
Bassirou Diop appelle notamment à renforcer l’éclairage public afin de réduire les zones plongées dans l’obscurité. « Il n’y a pas assez de lampadaires dans des zones du quartier. Du coup, ça favorise l’insécurité », souligne-t-il.
Les riverains interpellent également l’État sur les coupures d’électricité qu’il dit constater ces derniers temps, particulièrement difficiles à supporter en période de fortes chaleurs. Ils dénoncent les conséquences de ces interruptions sur les ménages et évoque des dégâts matériels.
De son côté, Serigne Mor Diop estime que les autorités doivent davantage s’enquérir des difficultés vécues par les populations. « Une fois élu, je pense qu’on a toute la latitude, toute la possibilité, toute l’opportunité de s’enquérir pratiquement de tous les maux dont souffre la population », affirme-t-il.
À Kawsara, les revendications portent ainsi sur plusieurs fronts : sécurité, éclairage public, assainissement, accessibilité, gestion des eaux stagnantes, salubrité et préservation des espaces communautaires.
Pour les habitants, l’enjeu est désormais de voir ces préoccupations se traduire par des interventions concrètes et durables.
Auteur : A.F




