NGOUNDIANE : EL HADJI MBAYE FALL SE LANCE DANS LA COURSE POUR LA MAIRIE

Dans un entretien accordé au journal L’Évidence, le président du Mouvement Jeunesse Consciente du Sénégal (MJCS), par ailleurs directeur administratif et financier de Consulting Agro-Industriel en Afrique de l’Ouest SARL, a annoncé sa candidature à la mairie de Ngoundiane. Fort de cette décision, El Hadji Mbaye Fall entend proposer une nouvelle alternative politique dans la commune, avec un projet articulé autour de l’accès à l’eau, de l’emploi des jeunes, de l’agriculture, de l’élevage et du développement des infrastructures. Une candidature qui pourrait contribuer à redessiner les rapports de force politiques locaux.

La mairie de Ngoundiane compte désormais un nouveau prétendant. El Hadji Mbaye Fall, président du Mouvement Jeunesse Consciente du Sénégal (MJCS), a officiellement annoncé sa candidature à la tête de l’institution municipale . Une décision qui marque une nouvelle étape dans son engagement politique local et pourrait contribuer à rebattre les cartes dans une compétition appelée à s’intensifier.

À travers cette candidature, le responsable du MJCS entend porter une offre politique qu’il présente comme fondée sur la proximité, l’écoute et la participation des populations. Son ambition est clairement affichée : faire de la commune un territoire davantage capable de retenir sa jeunesse, de valoriser ses ressources et de répondre aux besoins essentiels de ses habitants.

Une candidature nourrie par un constat

Pour expliquer son entrée dans la compétition municipale, El Hadji Mbaye Fall revient sur les raisons qui ont conduit à la création du MJCS. Selon lui, la multiplication des partis et mouvements politiques n’a pas suffisamment permis de répondre aux attentes d’une partie de la population, particulièrement des jeunes.

Le mouvement, assure-t-il, n’a pas été créé pour « faire une organisation de plus », mais pour constituer un espace de réflexion, de proposition et d’action. Cette volonté de donner davantage de place à la jeunesse constitue l’un des fondements de sa démarche politique. Le candidat estime que les jeunes doivent être associés aux décisions qui engagent directement leur avenir et celui de leur territoire.

L’eau, première urgence

Dans son diagnostic de Ngoundiane, une priorité ressort nettement : l’accès à l’eau.

Pour M. Mbaye Fall, cette question constitue un problème transversal qui touche les ménages, mais aussi l’agriculture, l’élevage, la santé et les activités économiques. Elle figure ainsi parmi les dossiers qu’il entend traiter en priorité s’il accède à la tête de la municipalité. L’autre préoccupation majeure concerne l’emploi et l’insertion économique des jeunes.

« La mairie ne peut pas, à elle seule, créer tous les emplois. Mais elle devrait au moins mettre en place une politique locale et chercher des solutions, au lieu d’attendre systématiquement l’État », soutient-il.

Une orientation qui traduit sa volonté de donner à la collectivité territoriale un rôle plus actif dans l’accompagnement des initiatives économiques locales.

Agriculture, élevage et commerce comme leviers

Pour lutter contre l’exode rural, le candidat mise notamment sur les potentialités économiques de Ngoundiane. L’agriculture occupe ainsi une place importante dans son programme. El Hadji Mbaye Fall entend favoriser la mise en place d’exploitations agricoles destinées notamment aux jeunes et aux femmes, afin de leur permettre de travailler localement et de générer des revenus. Son projet prévoit la création de quatre fermes « Nataangue » à Sew Khaye et dans les environs, à Ngoundiane Centre, entre Samel et Thiangaye, ainsi qu’entre Mbrouwaille et Diack.

L’élevage constitue également un autre axe majeur de son projet. Raison pour laquelle il mise sur une meilleure organisation de la filière et une valorisation des infrastructures consacrées au commerce du bétail. Il propose notamment de redynamiser le foirail de Sew Khaye, mis en place depuis 2011, mais qui, selon lui, n’a jusque-là généré aucune retombée significative pour la commune. L’objectif est d’en faire un véritable levier de développement économique et de renforcer les revenus de la collectivité.

Le développement du petit commerce et une meilleure organisation de la distribution des produits locaux complètent cette vision économique. L’objectif affiché est de créer davantage d’opportunités sur place et de réduire la dépendance des populations à l’égard des emplois et activités situés hors de la commune.

Un bilan municipal sous le regard critique du candidat.

Sur la gestion de l’équipe municipale actuelle, El Hadji Mbaye Fall ne verse pas dans le rejet systématique. Il reconnaît certaines réalisations, notamment dans des secteurs comme l’éducation et la santé, tout en estimant que plusieurs problèmes demeurent.Il cite notamment l’accès aux services essentiels, l’emploi des jeunes, les infrastructures et l’aménagement du territoire.

Pour lui, l’appréciation de l’action municipale doit avant tout partir du vécu des administrés. « Le véritable bilan doit être celui que les populations vivent quotidiennement », estime-t-il.

Une manière de replacer les résultats concrets au centre du débat électoral. « Nous sommes en train de nous préparer à prendre nos responsabilités » L’annonce de sa candidature intervient dans un contexte où le MJCS travaille à renforcer son implantation.

El Hadji Mbaye Fall affirme vouloir s’appuyer sur une démarche de terrain, fondée sur les consultations avec les différentes composantes de la commune : jeunes, femmes, chefs de village, responsables communautaires, acteurs économiques, religieux et autres forces vives.

Le candidat à la tête de la municipalité, entend ainsi construire son programme à partir des préoccupations exprimées localement. « Nous sommes en train de nous préparer à prendre nos responsabilités », affirme-t-il. Derrière cette déclaration se dessine une ambition politique assumée : faire du MJCS une force capable de peser durablement dans la gestion de Ngoundiane.

Des alliances, mais autour d’un projet

La perspective d’alliances n’est pas écartée. Mais M. Fall prévient qu’elles ne sauraient être motivées par la seule recherche de postes. Pour lui, tout rapprochement politique devra reposer sur un programme partagé, des valeurs communes et des engagements précis en faveur de la commune. Cette position pourrait prendre une importance particulière à mesure que la compétition électorale se précisera et que les différentes forces locales chercheront à constituer leurs coalitions.

La rupture jugée à l’épreuve des résultats

Au-delà de la politique locale, le président du MJCS porte également un regard sur la gouvernance nationale. Il estime que l’alternance politique de 2024 a suscité de fortes attentes et que la promesse de « rupture » doit désormais être appréciée à partir de ses effets concrets sur la vie des citoyens. « Les citoyens ne mangeront pas la rupture. Ils doivent en ressentir les effets dans leur quotidien », lance-t-il.

Selon lui, les débats autour de la dette et des mécanismes financiers doivent surtout être appréciés à travers leurs conséquences sur l’économie réelle, l’emploi et les conditions de vie.

Les populations au cœur du développement

Autre point de son discours : les retombées des activités économiques et industrielles présentes dans la zone. El Hadji Mbaye Fall estime que les populations locales doivent davantage bénéficier des opportunités générées par ces activités, notamment en matière d’emploi, de formation et d’infrastructures. Il insiste également sur la nécessité de mieux prendre en compte la dimension environnementale du développement. « Les populations de Ngoundiane doivent être des bénéficiaires du développement, et pas seulement des spectatrices des activités économiques qui se déroulent sur leur territoire », défend-il.

Une bataille municipale désormais ouverte

Avec cette candidature officiellement annoncée, El Hadji Mbaye Fall entend désormais transformer la dynamique du MJCS en force électorale. Son pari repose sur un discours axé sur les difficultés quotidiennes des populations et sur la nécessité, selon lui, de construire une nouvelle politique municipale autour de l’emploi, de l’eau, de l’agriculture, de l’élevage et du développement local.

La prochaine bataille pour la mairie de Ngoundiane s’annonce ainsi plus ouverte. Et avec l’entrée en lice du président du MJCS, la compétition municipale vient incontestablement de franchir un nouveau cap.

Propos recueillis par Anta Fofana Konaté