Dakar, le 27 août 2026.
ATTENTES DES CONSOMMATEURS SUR LA DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE DU PREMIER MINISTRE
À la veille de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre, l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (UNCS) rappelle que les chiffres macroéconomiques de stabilisation ne mangent pas à la faim des citoyens. Si le taux d’inflation officiel semble contenu, le panier de la ménagère subit une tension constante liée aux coûts du logement, de l’énergie et des intrants importés.Nous attendons de cette DPG une feuille de route claire, chiffrée et assortie d’un calendrier strict de mise en œuvre. »
Recommandations structurées pour le Gouvernement. 1. Urgence immédiate — de 0 à 6 mois : soulager le pouvoir d’achat. a) Fiscalité sur le panier de base : Suspension temporaire de la TVA et révision des taxes douanières sur les denrées de première nécessité, notamment le riz brisé non parfumé, l’huile, le sucre, le lait et le gaz domestique, le temps de stabiliser les approvisionnements. b) Contrôle effectif des prix homologués Renforcement immédiat des effectifs de la Direction du Commerce intérieur sur le terrain. Les baisses de prix annoncées ne doivent pas rester théoriques au niveau des demi-grossistes et des détaillants de quartier. c) Encadrement strict des loyers. Application rigoureuse des barèmes légaux, évaluation et renforcement des fonctions de la CONAREL (Commission nationale de régulation du loyer des locaux à usage d’habitation), ainsi que la mise en place rapide d’un Tribunal du logement spécialisé pour sanctionner les cautions abusives et les expulsions illégales.
2. Moyen terme — de 6 mois à 2 ans : structuration et souveraineté. a) Souveraineté alimentaire nationale Orientation prioritaire des financements agricoles vers la production locale, notamment le riz de la Vallée et de la Casamance, l’oignon, la pomme de terre et le maïs, afin de réduire la dépendance aux marchés extérieurs. b) Réforme du secteur énergétique Publication du calendrier de répercussion de la production gazière et pétrolière nationale sur les factures d’électricité et de carburant des consommateurs ménagers et industriels. c) Transports publics et mobilité. Extension rapide des réseaux à tarifs régulés, notamment Dakar Dem Dikk, le BRT et le TER, aux banlieues éloignées et aux régions, afin de réduire l’impact du coût du transport informel sur les budgets familiaux.
3. Long terme — de 2 à 5 ans : industrialisation et protection du consommateur. a) Unités de transformation locale. Déploiement d’usines agroalimentaires nationales afin de réduire le gaspillage lors des pics de production de tomates, de mangues, d’oignons et de produits halieutiques, et de réguler les prix tout au long de l’année. b) Code de la consommation Élaboration d’un cadre légal renforcé protégeant le citoyen contre les abus du secteur privé, notamment en matière de tarification de la téléphonie et de l’Internet, de frais bancaires masqués et de services de santé. l

« L’UNCS ne demande pas de la charité, mais de la régulation et de la vision économique. Le Premier ministre doit s’appuyer sur deux leviers fondamentaux : la souveraineté productive pour arrêter d’importer notre nourriture à prix fort, et la rigueur du contrôle de l’État pour protéger les Sénégalais de la spéculation sauvage. Le consommateur sénégalais a trop patienté ; il veut des dates et des engagements mesurables. »
Le Secrétaire général. Assane DIAGNE




